La Direction des eaux et forêts, chasses et de la conservation des sols, en partenariat avec l’Agence de développement municipal (Adm), a lancé l’atelier de validation de la révision du plan d’aménagement de la forêt classée de Mbao. Cette actualisation, rendue nécessaire par les ouvrages de drainage du Progep II, vise à préserver ce patrimoine écologique, tout en renforçant la résilience de la banlieue dakaroise face aux inondations.

Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – La forêt classée de Mbao s’apprête à entrer dans une nouvelle phase de sa gestion. La Direction des eaux et forêts, chasses et de la conservation des sols et l’Agence de développement municipal (Adm) ont ouvert, en présence des autorités administratives, des représentants des collectivités territoriales concernées et des acteurs communautaires, l’atelier de validation de la révision du plan d’aménagement de ce massif forestier stratégique.

Selon le capitaine Oumar Faye, de la Division aménagement de la Direction des eaux et forêts, cette révision s’inscrit dans le cadre de la deuxième phase du Projet de gestion des eaux pluviales et d’adaptation au changement climatique (Progep II). Le projet prévoit la réalisation d’importants ouvrages de drainage dans le bassin versant de Mbao afin de réduire les risques d’inondations qui affectent régulièrement la banlieue de Dakar.

Les eaux de ruissellement devant traverser une partie de la forêt classée avant de rejoindre la mer, il est apparu indispensable d’adapter le plan d’aménagement afin d’assurer la compatibilité entre ces nouvelles infrastructures hydrauliques et les objectifs de conservation du massif forestier. Les responsables des Eaux et forêts ont salué la collaboration avec l’Adm, qu’ils considèrent comme un exemple de partenariat institutionnel conciliant développement des infrastructures et protection de l’environnement.

Véritable poumon vert de la région de Dakar, la forêt classée de Mbao joue un rôle majeur dans la régulation du climat local, la préservation de la biodiversité, la protection des sols et l’amélioration du cadre de vie des populations riveraines. Mais ce patrimoine naturel reste confronté à une urbanisation galopante, aux occupations irrégulières du domaine forestier et aux effets du changement climatique.

Le premier plan d’aménagement, élaboré en 2010, puis mis en œuvre à partir de 2014, a permis de poser les bases d’une gestion durable. Sa révision vise aujourd’hui à actualiser le diagnostic, intégrer les ouvrages du Progep II et définir de nouvelles orientations adaptées aux réalités actuelles. Les communes de Mbao, Keur Massar Sud, Keur Massar Nord et Yeumbeul Sud ont été invitées à intégrer les futures orientations du plan dans leurs politiques d’aménagement, tout en renforçant la lutte contre les occupations irrégulières et les actions de sensibilisation en faveur de la préservation de la forêt.

Les populations riveraines, les organisations communautaires et la Société civile ont également été appelées à s’impliquer davantage dans les opérations de reboisement, de surveillance et de valorisation durable des ressources naturelles.

Intervenant à son tour, Pierre Coly, directeur du Renforce­ment des capacités et du développement à l’Adm, a réaffirmé l’engagement de son institution à accompagner ce processus. Il a insisté sur l’ambition de faire de la forêt classée de Mbao un espace mieux valorisé, avec la création d’aires de loisirs, d’espaces de jeux et d’infrastructures sportives, dans le strict respect de son statut de forêt classée et de son équilibre écologique.

Il a également remercié les autorités administratives, les collectivités territoriales, la Direction des eaux et forêts, le consultant chargé de l’étude ainsi que l’ensemble des partenaires techniques et financiers, notamment la Banque mondiale et le Fonds nordique de développement, pour leur accompagnement. Il a enfin exprimé le souhait que les futurs aménagements prévus dans le plan révisé bénéficient des financements nécessaires à leur réalisation.

A travers cette révision, les autorités sénégalaises entendent doter la forêt classée de Mbao d’un outil de gestion modernisé, capable de concilier préservation de l’environnement, adaptation au changement climatique et protection durable des populations contre les inondations.

latifmansaray@lequotidien.sn