Offrir aux chercheurs les moyens d’accroître leur efficacité et de démontrer la valeur concrète de leurs travaux sur le terrain : tel est l’enjeu central de la Conférence des recteurs d’Afrique de l’Ouest (C2R) de l’Agence universitaire de la Francophonie (Auf), organisée conjointement avec les «Journées Recherche & Innovation Afrique de l’Ouest». Cet événement est co-financé par le Programme recherche et innovation de l’Oeacp (Organisation des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique) et l’Union européenne.

L’objectif de ce rassemblement de haut niveau -qui réunit une centaine de présidents d’universités, de recteurs, de directeurs de centres de recherche, de décideurs politiques ainsi que le ministre de l’Enseignement supérieur et des ambassadeurs de la sous-région- est de refonder les mécanismes de la recherche scientifique au service du développement des pays ouest-africains. «Ces conférences se tiennent chaque année autour d’une thématique majeure. Cette année, le cœur de nos réflexions porte sur l’innovation et la recherche. L’innovation que nous appelons de nos vœux est pragmatique et axée sur des partenariats solides», a déclaré le Pr Slim Khalbous, Recteur de l’Auf.

Partage d’expériences et levée des blocages

Pendant deux jours, plusieurs panels thématiques permettront d’analyser des projets structurants pour le continent. Le premier panel, axé sur «le parcours des innovations et entreprises soutenues par des dispositifs d’accompagnement : technologie, marché et passage à l’échelle», a offert aux dirigeants universitaires l’opportunité de partager leurs retours d’expérience.

L’objectif est d’identifier clairement ce qui a fonctionné et ce qui a constitué un frein au sein des universités, des incubateurs et des bureaux de transfert de technologie. Cette analyse comparative vise à évaluer la soutenabilité des différents modèles d’accompagnement tout en comprenant pourquoi certaines innovations atteignent le marché tandis que d’autres bloquent en cours de route.

«L’Afrique ne manque pas d’argent, elle a besoin d’une meilleure gouvernance»

Abordant la question cruciale des ressources économiques, le Pr Slim Khalbous a balayé l’idée selon laquelle le manque de moyens financiers constituerait le principal obstacle au développement de la recherche continentale :

«L’Afrique ne manque pas d’argent. L’Afrique doit mettre en place une gouvernance plus efficace. Dès lors que l’on présente des projets clairs, portés par une vision stratégique et autour d’une table d’acteurs compétents, les financements se trouvent facilement. Ce que nous devons bâtir ensemble avant tout, c’est une vision cohérente.»

La feuille de route fixée par les recteurs vise à transformer le continent grâce à une recherche scientifique appliquée, capable d’apporter des solutions concrètes aux défis de santé publique, d’agriculture et d’insertion sociale. «Si nous parvenons à tracer cette voie, l’argent affluera et ne sera plus un problème», a conclu le Recteur de l’Auf.

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