Réuni en Secrétariat national, ce samedi 10 janvier 2026 à l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad), le Saes a passé en revue les dossiers brûlants du secteur. Entre le recrutement controversé d’universitaires sénégalais par la Guinée et le blocage des pensions de retraite, le syndicat interpelle vigoureusement l’Etat et appelle à une «mobilisation totale».

Le monde universitaire sénégalais est en ébullition. Le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes) a vigoureusement réagi à la polémique entourant le recrutement annoncé de 300 enseignants-chercheurs par la Guinée voisine. Après analyse de la liste des 59 Sénégalais concernés, le syndicat précise que 80% d’entre eux (docteurs sans emploi et retraités) sont libres de tout engagement.

Un recadrage sur la mobilité internationale

Le Saes a tenu à relativiser l’ampleur du phénomène : seuls 12 enseignants sur la liste sont actuellement en poste dans le public au Sénégal, soit à peine 0, 4% de l’effectif national. Tout en rappelant que la mobilité est encadrée par la loi n°81-59 du 9 novembre 1981, le syndicat souligne l’existence d’un protocole d’accord de coopération scientifique signé entre Dakar et Conakry le 23 mai 2025.

Pour le Saes, la solution à cet «exode» potentiel réside dans le respect des engagements nationaux. Le syndicat demande ainsi au ministre de l’Ensei­gnement supérieur (Mesri) de procéder au recrutement massif de docteurs sans emploi. L’objectif affiché est d’atteindre un taux de 70% de permanents afin d’améliorer un taux d’encadrement jugé bien en deçà des normes internationales.

«Injustices sociales» : le cri du cœur pour les retraités et orphelins

Au-delà de la mobilité, le Saes dénonce des «injustices» persistantes concernant les droits sociaux. Malgré un décret présidentiel (n°2025-398) signé en mars 2025, de nombreuses familles d’enseignants décédés attendent toujours le paiement de leur pension de réversion.

Le syndicat pointe également du doigt le Fonds national de retraite (Fnr), qui s’oppose depuis plus d’un an à la liquidation des pensions des enseignants de nationalité étrangère. Pourtant, ces derniers ont cotisé au même titre que leurs collègues sénégalais tout au long de leur carrière. Face à ce qu’il qualifie de sourde oreille des autorités malgré de multiples alertes, le Saes a lancé un mot d’ordre de mobilisation totale à ses militants pour les jours à venir. La rentrée universitaire 2026 s’annonce sous haute tension.