Transformer les défis de la mobilité urbaine en gisements d’emplois : c’est l’ambition du projet «Urban Skylls». Cette initiative de grande envergure place la formation des jeunes et des femmes au cœur de la transition écologique et des grands chantiers de transport nationaux.
Le projet «Urban Skylls» n’est pas qu’une simple initiative de formation ; c’est une réponse concertée au défi du chômage. Cofinancé par l’Union européenne et la République fédérale d’Allemagne dans le cadre de l’initiative Team Europe, il bénéficie d’un portage institutionnel solide. Coordonné par l’Agence universitaire de la Francophonie (Auf), le projet repose sur un consortium d’acteurs-clés : l’Agence nationale de la promotion de l’emploi des jeunes (Anpej), l’Institut supérieur d’enseignement professionnel de Thiès (Isep-Thiès), les opérateurs de transport Dakar Mobile et la Seter (Ter).
La mobilité durable : un nouveau gisement de métiers
Face à l’urbanisation galopante et à l’émergence d’infrastructures massives comme le Train express régional (Ter) et le Bus rapid transit (Brt), la mobilité n’est plus seulement une question de déplacement, mais un levier de croissance. Selon l’Auf, ce secteur constitue «une source importante d’opportunités d’emplois qualifiés». L’objectif est de passer d’une économie de transport informelle à un écosystème structuré, inclusif et performant. «Urban Skylls» vise précisément à combler le fossé entre les offres de formation actuelles et les exigences techniques des nouveaux métiers du transport vert.
Les quatre piliers du projet
Au final, 600 jeunes et femmes seront formés pour intégrer directement les projets prioritaires du secteur de la mobilité. Pour garantir son succès, l’initiative s’articule autour de quatre objectifs stratégiques : une qualification de masse, une adéquation «emploi-formation» en alignant les cursus sur les besoins réels des entreprises de transport, une insertion durable en accompagnant les diplômés vers des contrats stables et de qualité. Sans oublier la mise en réseau pour fédérer les acteurs publics et privés autour de la compétence «mobilité».
Une vision politique et sociale
La cérémonie de lancement prévue, ce jeudi, sera l’occasion pour les autorités d’affirmer leur engagement en faveur de l’égalité des chances. En ciblant spécifiquement les femmes, le projet cherche à briser le plafond de verre dans un secteur du transport traditionnellement masculin. Les responsables comptent faire d’«Urban Skylls» un modèle de politique publique, cohérent avec les ambitions nationales en matière de développement durable. Au-delà de l’aspect technique, c’est un message d’espoir envoyé à la jeunesse : celui d’une insertion réussie grâce à l’économie verte.
Pourquoi miser sur les métiers de la «transition écologique» ?
Le secteur de la mobilité durable (véhicules électriques, gestion intelligente du trafic, maintenance ferroviaire) est en pleine explosion au Sénégal. Investir dans ces compétences permet non seulement de réduire l’empreinte carbone des villes, mais aussi de garantir aux jeunes des métiers d’avenir, moins exposés à la précarité que les transports classiques.
Par Justin GOMIS – justin@lequotidien.sn
