Le Fouladou et le Pakao s’apprêtent à vivre un tournant historique. Quarante-huit heures après l’annonce de la nomination de Mgr Joseph Francis Badji comme Evêque coadjuteur, le diocèse de Kolda a officiellement dévoilé le calendrier et les contours spirituels de ce futur ministère. Entre ferveur populaire et préparatifs logistiques, la cité de Moussa Molo s’apprête à devenir le centre névralgique de l’Eglise sénégambienne.

Par Aladji BADJILANG – «Habemus Episcopum» est un souffle d’allégresse. L’an­nonce est tombée le 10 janvier 2026, émanant du Vatican sous le pontificat de Sa Sainteté Léon XIV. Depuis, un vent de joie souffle sur le Sud. «Habemus Episcopum ! Nous avons un évêque !», s’est exclamé l’Abbé Séraphin-Raphaël Ntab, Vicaire général du diocèse. Ce cri du cœur traduit le soulagement et l’enthousiasme d’une communauté qui attendait avec espérance un renfort pour son pasteur, Mgr Jean-Pierre Bassène. Dans un communiqué daté du 12 janvier, le Vicaire général a levé le voile sur l’événement tant attendu : la consécration épiscopale aura lieu le samedi 11 avril 2026 à Kolda, à la veille du Dimanche de la Miséricorde. Un choix de date hautement symbolique dans le calendrier liturgique.

«Humilitas fiduciaque» : le portrait d’un serviteur

Le futur prélat a déjà tracé son sillage spirituel en choisissant sa devise : «Humilitas fiduciaque» (Humilité et confiance). Ce choix n’est pas le fruit du hasard pour celui qui a consacré plus de vingt ans de sa vie à la formation des futurs prêtres au Grand Séminaire interdiocésain Jean-Marie Vianney de Brin. Selon les témoignages recueillis par le site de l’Union du clergé sénégalais (Ucs), Mgr Joseph Francis Badji est décrit comme un homme d’écoute dont la rigueur intellectuelle n’a d’égale que la discrétion. Sa mission sera désormais de porter cette «confiance en Dieu» à l’échelle d’un diocèse vaste de 21 011 km², couvrant les régions administratives de Kolda et Sédhiou.

Une transition sous le signe de la continuité

A 74 ans, Mgr Jean-Pierre Bassène, figure tutélaire qui a façonné le diocèse depuis sa création en 1999, voit en cette nomination une «visite du Seigneur». En accueillant un évêque coadjuteur, l’Eglise assure une transition d’une stabilité exemplaire : Mgr Badji dispose en effet du droit de succession automatique, garantissant que le travail pastoral ne souffrira d’aucune rupture le moment venu.

«Le Seigneur a visité son peuple, Alléluia ! Toute la famille diocésaine doit se préparer dans la prière et la coresponsabilité», a martelé Mgr Bassène, appelant à une mobilisation générale des 12 paroisses.

Une communion dépassant les frontières

La nouvelle a résonné bien au-delà des limites du Fouladou. La Conférence épiscopale (Sénégal, Mauritanie, Cap-Vert, Guinée-Bissau), par la voix de son Secrétaire général, l’Abbé Augustin Thiaw, a exprimé sa solidarité fraternelle. En recevant Mgr Badji comme «un frère et un collaborateur», les évêques de la sous-région saluent le parcours d’un fils du terroir, issu du diocèse «mère» de Ziguinchor.

Les défis d’un vaste chantier

Le 11 avril prochain, Kolda ne célébrera pas seulement un homme, mais l’avenir d’une Eglise en marche. Entre les défis de l’enclavement, le dialogue interreligieux et l’accompagnement de la jeunesse, Mgr Joseph Francis Badji trouvera sur sa table des dossiers majeurs.

D’ici là, le comité d’organisation s’active. Le Vicaire général invite d’ores et déjà les fidèles à se tenir prêts pour les «ultérieures sollicitations» nécessaires à la réussite de ce sacre. Le rendez-vous est pris : au printemps prochain, Kolda vibrera au rythme des chants et de la foi, pour écrire une nouvelle page de son histoire sainte.

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