L’ouverture des classes risque d’être perturbée. Le Cadre unitaire syndical des enseignants du moyen secondaire (Cusems) a annoncé le dépôt d’un préavis de grève si le gouvernement ne respecte pas l’accord qu’il a avec les enseignants, notamment sur l’audit du système de rémunération.
Par Malick GAYE – Le Secrétaire général du Cadre unitaire syndical des enseignants du moyen secondaire (Cusems), Aliou Diouf, a haussé le ton sur le respect du protocole d’accord signé le 16 avril entre le G7 et le gouvernement. Il prévient qu’un préavis de grève sera déposé si l’étude sur le système de rémunération, attendue fin septembre, n’est pas partagée dans les délais. «Si à la fin du mois de septembre, les gens ne partagent pas l’étude, comme il est dit dans le protocole, le Cusems prendra ses responsabilités et va déposer un préavis de grève», a-t-il averti. Selon lui, le rendez-vous ne saurait être manqué. «Nous sommes presque à la mi-août et nous sommes encore en train de parler de Tdr. On ne les a pas reçus, on ne connaît pas le nom du cabinet», a-t-il déploré, jugeant la situation «inacceptable».
Avant d’en arriver à cette mise en garde, Aliou Diouf est revenu sur le bilan de l’année scolaire écoulée, marquée par des grèves. «Il n’y a aucun examen qui a connu une régression en termes de taux de réussite», a-t-il fait valoir, citant une hausse de plus de 20 points au Cfee, un taux de plus de 70% au Bfem et 55% au Bac, avant de saluer «les enseignants sans qui on n’aurait pas pu faire ces résultats-là».
Au-delà de l’étude sur les salaires, le syndicaliste a énuméré d’autres engagements non tenus, à commencer par la formation des enseignants. «Au niveau de la Fastef, il y a des difficultés parce qu’on leur doit de l’argent», a-t-il indiqué, précisant que la même situation prévaut au Cneps de Thiès. Il pointe ensuite les dysfonctionnements de la plateforme e-carrière, censée gérer les avancements des enseignants. «On nous avait fait beaucoup de promesses, que pour chaque syndicat, il y aurait un point focal qui allait gérer les difficultés. Rien n’a été respecté dans tout cela», a-t-il regretté, avant d’interpeller les autorités : «Nous interpellons le Premier ministre, nous interpellons le président de la République pour que les accords du 16 avril soient respectés.»
Revenant sur la dernière réunion du G7 tenue jeudi dernier pour évaluer la mise en œuvre de l’accord, Aliou Diouf résume l’état d’esprit des syndicats. «Le sentiment le mieux partagé aujourd’hui, c’est la déception», a-t-il lâché. Sur la surimposition des rappels de salaire, un audit a été lancé depuis le 4 août. Le Cusems attend plus qu’un simple constat. «Ce que nous avons demandé, ce n’est pas seulement de voir s’il y avait surimposition ou pas, mais de faire des recommandations allant dans le sens de baisser la fiscalité sur les salaires des enseignants», a-t-il expliqué, dénonçant une «injustice» faite aux enseignants sur leurs arriérés.
Enfin, sur les indemnités liées aux examens, le protocole prévoit un paiement dès la fin des épreuves, déjà achevées. «Jusqu’à présent, l’Etat n’a pas payé. Nous demandons à l’Etat de procéder au paiement des examens au plus tard à la fin du mois d’août», a-t-il exigé. Aliou Diouf assure que la grève n’est pas une fin en soi pour son syndicat. «On ne veut pas aller en grève. Mais parfois, on ne nous laisse pas le choix», a-t-il conclu. Ces propos ont été tenus samedi passé, lors d’une rencontre des représentants du Cusems de Dakar avec La Sénégalaise de l’assurance.
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