Le département de Saraya a basculé dans l’horreur ce mercredi. Deux éboulements distincts sur des sites d’orpaillage clandestins ont fait sept morts et un blessé grave. Un bilan lourd qui illustre une fois de plus une réalité bien connue dans cette région aurifère : la quête de l’or y est devenue un jeu quotidien avec la mort, particulièrement en période d’hivernage.
Le premier drame s’est noué aux alentours de 15 heures dans la brousse de Séguékho, au cœur de la commune de Bembou. Des orpailleurs de nationalité burkinabè s’activaient au fond d’un puits artisanal quand la terre s’est soudainement effondrée sur eux. Malgré la rapidité des secours improvisés par les témoins de la scène, le bilan est terrible : six corps sans vie ont été extraits des décombres. Un seul individu a pu être sauvé, mais il se trouve actuellement dans un état grave.
A peine quelques heures plus tard, vers 19h 25, la terre a de nouveau frappé dans la commune de Missirah Sirimana, plus précisément dans le village de Sékhoto. Un homme originaire de Tambacounda, qui fouillait une ancienne mine abandonnée à la recherche de sable aurifère, a été mortellement surpris par l’affaissement d’une paroi. Les forces de la Brigade territoriale de Saraya se sont immédiatement déployées sur les deux sites pour procéder aux constats d’usage et ouvrir des enquêtes. Les corps des victimes ont été transférés vers les structures sanitaires de Saraya et Kédougou.
Ces accidents successifs ne surprennent malheureusement plus les observateurs locaux. Dans la région de Kédougou, particulièrement dans le département de Saraya, ces événements tragiques sont devenus tristement fréquents. L’explication technique est toujours la même, combinant facteurs humains et climatiques comme la fragilité structurelle : les galeries et les puits sont creusés de manière totalement artisanale, sans aucun étaiement (soutien en bois ou métal), ni mesure de sécurité élémentaire. Il y a aussi l’impact des pluies : avec le retour des fortes précipitations de l’hivernage, l’eau sature les sols. Le terrain devient lourd, meuble et instable, transformant chaque puits en un piège mortel prêt à se refermer au moindre coup de pioche.
Chaque année à la même période, la région paie un lourd tribut humain. Les anciens sites abandonnés, souvent laissés béants et non sécurisés, deviennent des gouffres invisibles pour des mineurs isolés. Malgré les opérations de démantèlement menées par les Forces de défense et de sécurité, et les multiples campagnes de sensibilisation, l’appel du gain reste plus fort que la peur du danger. Face à la pauvreté et à la perspective de trouver le métal précieux, des milliers de travailleurs -locaux ou transfrontaliers- continuent de défier la mort chaque jour.
Ce nouveau bilan de sept morts en seulement quelques heures sonne comme un énième signal d’alarme. Il rappelle l’urgence absolue non seulement de traquer l’orpaillage clandestin, mais surtout de sécuriser ou de combler définitivement les anciens sites miniers pour que la brousse de Saraya cesse d’endeuiller les familles.

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