Alors que le monde du travail s’apprête à célébrer la Fête internationale des travailleurs, le secteur de la santé sénégalais est en ébullition. Entre passif social non apuré et nouvelles stratégies de lutte, Dr Mballo Dia Thiam, Secrétaire général du Sutsas, dépeint un climat social extrêmement tendu et annonce une intensification du bras de fer avec les autorités.

Par Amadou MBODJI – Le secteur de la santé sénégalais aborde la Fête du travail, ce vendredi 1er mai, sous le signe de la contestation. Pour Dr Mballo Dia Thiam, Secrétaire général du Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action sociale (Sutsas), cette célébration intervient dans un contexte de forte crispation sociale, marqué par une lassitude des personnels de santé face aux promesses non tenues. «Nous célébrons ce 1er mai dans un contexte extrêmement difficile, marqué par une atmosphère délétère», a martelé le leader syndical. Selon lui, la persistance des mouvements de grève témoigne de l’inertie des autorités. La coalition «And Guesseum» en est d’ailleurs à son 10e plan d’actions, une mobilisation dont l’unique objectif reste le règlement intégral du passif social.

Les revendications s’articulent autour de trois axes majeurs comme l’indemnité de logement dont l’octroi aux contractuels des Etablisse­ments publics de santé (Eps) et aux agents des collectivités territoriales demeure une priorité, et le plan de carrière : les syndicats dénoncent la lenteur du gouvernement sur l’harmonisation des curricula de formation (infirmiers, sages-femmes, médecins) conformément aux standards de l’Organisation ouest-africaine de la santé (Ooas). En outre, les travailleurs réclament toujours la mise à disposition effective des 120 hectares octroyés par décret aux victimes du programme social Sutsas-Namora. «Dès lors que les indemnités de logement ont été actées par le passé, nous ne devrions plus en être à un 10e plan d’actions en 2026 sous ce nouveau régime», s’est indigné Dr Thiam.

Vers un durcissement du mouvement

L’évaluation du 9e plan d’actions ayant été jugée insatisfaisante, «And Guesseum» s’apprête à lancer une nouvelle phase de lutte dès la seconde quinzaine de mai. Ce programme prévoit des grèves cycliques de 48 heures chaque semaine, ainsi qu’un boycott des programmes nationaux de santé, notamment ceux de lutte contre le paludisme et la tuberculose.

En marge de ces revendications, le Fgts/B célébrera le 1er mai au Centre Bopp. Cette rencontre sera également l’occasion pour le Sutsas de remettre une motion de félicitation à Bougane Guèye Dany pour son innovation «Baby Bloom». Cet outil technologique, sous forme de ceinture connectée, vise à réduire la mortalité infantile en surveillant l’état de la grossesse et en prévenant les erreurs médicales ou les pathologies infectieuses.

Pour rappel, dans ce climat de défiance, la coalition «And Guesseum» n’a toujours pas apposé sa signature au bas du Pacte de stabilité sociale et économique.

ambodji@lequotidien.sn