Le programme de 921 milliards francs annoncé dernièrement par le Premier ministre Ahmadou Alhaminou Lô pour une lutte plus efficace contre les inondations va s’étaler sur une quinzaine d’années. Cheikh Tidiane Dièye, ministre de l’Hydraulique et de l’assainissement, en a fait la précision jeudi, à l’occasion d’un point de presse pour partager le bilan des inondations constatées suite aux fortes pluies du début de mois. Décliné, ce programme va se réaliser avec des apports de l’Etat, mais aussi de partenaires de tous ordres. «C’est un plan sur 15 ans. On ne peut pas être plus prévenant ou faire plus de prévisions que de faire une stratégie sur 15 ans. Il y a des choses qui ont déjà démarré. C’est ce qu’on a fait à Touba et Tivaouane, et c’est ce qu’on va continuer. On va se mettre là-dessus et renforcer», a-t-il expliqué du programme décliné en Stratégie nationale de gestion intégrée de risques inondations (Sngiri) 2025-2040. «Il y a ce qui va être fait en 2027, dans le cadre de cette stratégie, et c’est comme ça qu’on va la déployer sur 15 ans, et partout où c’est nécessaire, on va mener des actions», a assuré M. Dièye parlant d’une montée graduelle de la Sngiri.

Pour ceux qui restent sceptiques par rapport aux capacités de l’Etat de mobiliser près de 1000 milliards pour lutter contre les inondations, le ministre de l’Hydraulique et de l’assainissement d’éclairer : «Le gouvernement du Sénégal va intervenir dans ce programme pour un peu plus de 22% pour le budget de l’Etat, année après année.» C’est donc pratiquement un montant autour de 700 milliards francs qui va venir de partenaires pour le déploiement de la stratégie, selon le propos de M. Dièye. «Le gouvernement va faire appel à ses partenaires multilatéraux dont certains ont déjà exprimé leur volonté d’accompagner notre stratégie. La Banque mondiale, la Banque africaine de développement et d’autres vont apporter également 33% du financement», a-t-il indiqué, assurant que des Etats amis et partenaires du Sénégal, dans le cadre de la collaboration bilatérale, ont manifesté leur volonté d’accompagner la stratégie. «Cela apportera également à peu près 20%», a-t-il estimé pour ces partenaires.

La finance climatique tient aussi une part dans ce montage. «Nos équipes vont structurer des projets, identifier ces instruments et les chercher pour mobiliser les financements. Et, on attend 15 milliards de francs de la finance climatique, sans compter maintenant tous les autres mécanismes innovants aussi. Il y en a beaucoup qu’on va aller chercher pour pouvoir financer notre stratégie», a-t-il détaillé.

Sur la question des inondations du début de mois ayant causé 5 morts et des dégâts matériels importants, M. Dièye a salué la promptitude des équipes du ministère, de celui de l’Intérieur et de tous les acteurs s’étant engagés pour venir au secours des populations. Il a fait savoir que des moyens colossaux ont été déployés pour ce faire. Lesquels moyens sont encore pleinement mobilisés pour poursuivre les actions. «L’hivernage n’est pas encore terminé et tous les moyens sont encore sur place», a-t-il prévenu, appelant les populations à la vigilance.

Par Alioune Badara NDIAYE – abndiaye@lequotidien.sn