Le Peuple sénégalais a découvert avec stupéfaction, par voie de presse internationale, les manœuvres financières du gouvernement actuel. Selon le Fdr, des emprunts massifs, avoisinant un milliard de dollars, auraient été contractés dans le secret le plus total. L’opposition s’interroge sur la légitimité d’un Etat cachant de telles transactions à ses propres citoyens, ainsi qu’à ses partenaires internationaux, notamment le Fmi. Elle évoque des «armes financières de destruction massive». Au cœur de la polémique, se trouve l’utilisation des «Total return swaps» (Trs). Le Fdr qualifie ces instruments d’expédients toxiques, citant l’investisseur Warren Buffett qui les décrivait dès 2003 comme des «armes financières de destruction massive» comportant des dangers «potentiellement mortels» pour les économies.
Les conséquences pour le Sénégal pourraient être dramatiques : en cas de défaut de paiement, ces banques privées auraient la priorité sur les ressources nationales, et l’argent public servirait prioritairement à rembourser des banquiers d’Abu Dhabi avant de financer les écoles, les hôpitaux ou les infrastructures de base. Pour le Fdr, le recours à ces mécanismes serait le signe d’une économie au bord de la banqueroute.
Vers une enquête parlementaire ?
Face à ce qu’il qualifie de «situation catastrophique», le Fdr exige la publication immédiate de l’intégralité des contrats signés avec Africa Finance Corporation et First Abu Dhabi Bank. L’organisation demande également : le détail précis des actifs mis en gage, le montant des charges financières et des commissions versées, et la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire par l’Assemblée nationale pour faire toute la lumière sur ces dossiers.
Le Fdr conclut en appelant à la mobilisation des Forces vives de la Nation pour contraindre le gouvernement au respect des obligations de transparence. Pour l’opposition, le Sénégal ne peut être géré comme un «patrimoine personnel» au sein de salons feutrés ou de jets privés.
