A l’ouverture de la troisième session extraordinaire de l’Assemblée nationale hier, le président de l’institution, Ousmane Sonko, s’est vivement offusqué des accusations de blocage de la Loi de finances rectificative (Lfr). Dénonçant une entreprise de «démagogie» et de «mauvaise foi», il a tenu à clarifier la position du Parlement, avant d’engager la prise en considération de plusieurs projets et propositions de loi majeurs.
L’Assemblée nationale a officiellement rouvert ses portes ce vendredi pour l’ouverture de sa troisième session extraordinaire de l’année 2026. Convoquée par l’arrêté du Bureau n°2015 du 15 septembre 2026, la séance s’est tenue en présence de 107 députés, constatant ainsi un quorum largement atteint pour lancer les travaux sous la présidence de Ousmane Sonko.
Avant d’aborder l’ordre du jour, Ousmane Sonko a tenu à recadrer les débats et à répondre, au nom de l’institution, à la récente controverse relative à l’absence d’examen d’une Loi de finances rectificative pour l’année 2026. Le président de l’Assemblée nationale a martelé que l’institution n’avait «jamais reçu de notification de Loi de finances rectificative pour l’année 2026» et que le gouvernement n’avait «jamais saisi l’Assemblée nationale d’une demande complète accompagnée d’un projet de Loi de finances rectificative».
S’insurgeant contre les attaques insinuant un blocage volontaire de la part des députés, il a fustigé une tentative d’«instrumentalisation» politique fondée sur la «démagogie» et la «mauvaise foi». Ousmane Sonko a conclu sa mise au point en invitant l’ensemble des acteurs politiques -«ouvertement ou de manière déguisée»- au respect des institutions et à plus de rigueur quant aux informations véhiculées à l’encontre de la Représentation nationale.
A noter que le jour même, l’Assemblée nationale a officialisé, par communiqué, la réception effective, ce vendredi 18 septembre après-midi, du projet de Loi de finances rectificative 2026 transmis par la présidence de la République via le décret n°2026-1645. Lors de cette séance d’ouverture, quatre textes ont été formellement déposés : autorisation de ratification du Protocole à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples sur les droits à la nationalité et l’élimination de l’apatridie en Afrique (adopté le 18 février 2024 à Addis-Abeba), modification de la loi n°2019-03 du 1er février 2019 portant Code pétrolier, modification de la loi organique n°2020-07 du 26 février 2020 relative aux lois de finances, réforme relative à la santé en milieu carcéral.
Conformément à l’arrêté de convocation, les parlementaires se pencheront également sur le projet de loi n°21/2026 portant sur la carte d’identité biométrique Cedeao, ainsi que sur les conclusions du rapport de la mission d’information parlementaire relative à la commercialisation des produits de la marque Softcare. A l’issue de la présentation de l’ordre du jour, la séance a été levée pour céder la place à la Conférence des présidents afin d’arrêter le calendrier détaillé des travaux en commission et en séance plénière.

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