En Casamance, l’espoir d’une terre sécurisée se heurte à un simple problème de transport. Deux démineuses mécaniques japonaises de dernière génération restent clouées au sol, faute de moyens pour les acheminer sur les sites pollués. Entre lenteurs administratives et blocages matériels, le Cnams tente de rassurer sur l’imminence d’une reprise des opérations.
Par Malick GAYE – Des engins de haute technologie à l’arrêt à cause d’un problème de logistique : c’est le frein actuel au déminage en Casamance. Si le Centre national d’action antimines (Cnams) annonce la finalisation prochaine des accréditations opérationnelles, le déploiement effectif du matériel nippon sur le terrain reste conditionné par l’acquisition d’un char-porteur indispensable : deux engins de déminage offerts par le Japon sont actuellement stationnés au centre de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra), faute de moyens pour les acheminer sur le terrain. L’absence d’un char-porteur adapté empêche le déploiement de ce matériel dans les zones encore contaminées par les mines, au grand dam des populations concernées et des organisations engagées dans cette mission humanitaire.
Ce blocage logistique intervient alors que le processus d’accréditation des organisations de déminage est, selon le directeur du Cnams, en phase d’aboutissement. Deux types d’accréditation sont requis : organisationnel et opérationnel. «Pour tout ce qu’on appelle accréditation, on en a deux types : organisationnel et opérationnel. Donc pour le moment, on a déjà accrédité deux organisations et nous sommes en train de faire des études en vue des accréditations opérationnelles pour les organisations qui en ont demandé», a précisé Salomon Diédhiou.
Sans fixer de date précise pour le lancement des opérations sur le terrain, le directeur du Cnams se dit néanmoins confiant quant à l’imminence du démarrage. «Je ne peux pas donner une date exacte par rapport au démarrage des opérations, mais ce que je peux dire, c’est que les équipes, notre commission qui est en charge d’accréditer les organisations par rapport à tout ce qui est action antimines, ils sont en train de faire des études sur ça», a-t-il indiqué.
Des dossiers jugés incomplets ont été complétés cette semaine, et la finalisation du processus est attendue dans les prochains jours. «La semaine à venir, nous allons finir le processus d’accréditation et planifier certainement le démarrage ou le lancement des opérations sur le terrain», a-t-il promis, annonçant une activité publique de lancement à laquelle l’ensemble des médias sera convié.
L’ambition affichée reste claire : zéro mine sur l’ensemble du territoire sénégalais. «L’option du Sénégal, c’est d’avoir zéro mine partout au Sénégal», a martelé Salomon Diédhiou, soulignant que les personnels formés et le matériel disponible constituent une base solide pour faire avancer l’action antimines. Reste que sans solution rapide pour le transport des engins japonais, la mobilisation des moyens humains risque de dépasser celle des moyens matériels, laissant les zones minées de Casamance dans une attente qui, pour leurs habitants, n’a que trop duré.
mgaye@lequotidien.sn

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