Face à l’impasse des négociations entre le gouvernement et les syndicats, l’Organisation des instituteurs du Sénégal (Ois) sort du silence. Pour lever l’hypothèque sur l’avenir des enseignants décisionnaires et garantir la stabilité de l’école sénégalaise, le syndicat prône une solution audacieuse : lier intrinsèquement le reversement au Fnr à la prorogation de l’âge de la retraite.

L’ombre d’une année blanche s’éloigne, mais le ciel de l’éducation nationale n’est pas encore totalement dégagé. Si le gouvernement et la partie syndicale ont fait preuve d’une volonté réelle de dialogue lors des dernières assises, des points de friction majeurs subsistent. Au cœur de la discorde : le statut des enseignants décisionnaires, leur intégration dans la Fonction publique et, par extension, leur affiliation au Fonds national de retraite (Fnr). Pour l’Ois, le constat est sans appel : on ne peut résoudre l’équation des décisionnaires sans actionner le levier de la retraite à 65 ans.

Le défi de la résorption du gap au Fnr

Le nœud du problème réside dans une réalité mathématique et sociale. Le passage du régime de l’Ipres vers celui du Fnr crée un gap de cotisations conséquent. «Il est illusoire de prétendre aux mêmes pensions que les fonctionnaires tant que ce gap n’est pas résorbé», avertit l’organisation syndicale. Sans une stratégie de compensation efficace, les nouveaux fonctionnaires issus du corps des décisionnaires risquent de se retrouver avec des pensions de retraite dérisoires, loin de la dignité espérée après des années de sacrifice au service de l’école. L’Ois affirme détenir une proposition concrète sur ce point, qu’elle se dit prête à soumettre aux autorités pour amorcer un dénouement.

La retraite à 65 ans : la «thérapie» préconisée

L’originalité de la position de l’Ois repose sur la concomitance de deux revendications. Pour le syndicat, la prorogation de l’âge de la retraite à 65 ans (obligatoire pour les ex-décisionnaires) est l’outil de régulation idéal. Cette «alchimie», comme la qualifie l’organisation, permettrait d’allonger la durée de cotisation pour combler le déficit financier, d’assurer la transition entre les deux caisses de retraite de manière fluide et de garantir une pension décente et substantielle aux agents concernés.

Le message de l’Ois est clair : chaque mois qui passe est un mois de perdu dans la quête de stabilité. «Quand il est urgent, il est déjà trop tard», rappelle le syndicat avec gravité. En appelant à une élaboration méticuleuse et une acceptation large de cette réforme, l’Ois invite les protagonistes à ne pas corriger une injustice en en créant une autre. L’objectif final reste la préservation du mouvement syndical et, surtout, le salut de l’école sénégalaise. La balle est désormais dans le camp du gouvernement pour transformer ces pistes de réflexion en solutions durables.