A l’occasion de sa dixième édition, le Djéguélé Festival de Boundiali, en Côte d’Ivoire, a mis les petits plats dans les grands pour célébrer une décennie de promotion du balafon. Entre prestations magistrales et diplomatie culturelle, le Sénégal s’est illustré de fort belle manière, porté par l’énergie de la troupe Wakili Danse de Casamance et une délégation officielle de haut rang.

Par Alioune DIOP – Depuis le 28 mars, la région de la Bagoué vit au rythme du Festival international du balafon. Pour marquer ce jubilé d’étain, le comité d’organisation a investi le nouveau Palais de la culture et l’esplanade de la mairie, transformant la ville en un carrefour d’échanges musicaux et professionnels. Cette édition spéciale, qui se prolongera jusqu’au 4 avril, a vu le Sénégal occuper une place de choix dans la programmation. Et la Casamance est à l’honneur !

Le clou de la participation sénégalaise a été sans conteste la prestation de la troupe traditionnelle Wakili Danse, venue d’Abéné (Casamance). Fort de treize membres dont cinq femmes, le groupe a séduit le public lors de la cérémonie d’ouverture avec deux tableaux chorégraphiques d’une grande richesse. Selon son leader, Yaya Diabang, ces créations sont une immersion dans les traditions diola, socé et balante. Si les instruments percussifs tels que le djembé, les congas et le séourouba ont assuré l’assise rythmique, c’est le jelinga, magnifié par le jeune virtuose Boubacar Diabang, qui a particulièrement captivé l’audience, déclenchant des salves d’applaudissements.

Une vitrine pour le Fesnac

Cette présence de qualité n’est pas fortuite. Mme Ndèye Marianne Diop, directrice du Centre culturel régional de Ziguinchor, a rappelé que la troupe Wakili Danse figure parmi les lauréats du Fesnac 2024 (Kaffrine). Pour Mme Yacine Ngom, Administratrice générale du Fesnac et cheffe de la délégation officielle, ce déplacement s’inscrit dans la mission régalienne de promotion et de préservation du patrimoine national. Elle a souligné l’importance cruciale de ces plateformes internationales pour tisser des réseaux avec les autres acteurs du continent.

Intégration culturelle régionale

Au-delà de la scène, le festival a servi de cadre à la relance des activités du Redao (Réseau des espaces de diffusion d’Afrique de l’Ouest). Des entrepreneurs culturels venus du Bénin, du Burkina Faso et du Mali ont ainsi planché sur de nouveaux axes de collaboration. Le Sénégal a également apporté son expertise technique à travers l’intervention de Georges Denis Diatta, conservateur de la Maison des esclaves de Gorée et coordonnateur du Plan de gestion 2021-2026 de l’île, renforçant ainsi la dimension académique et patrimoniale de ce rendez-vous ivoirien.

Correspondance particulière