Une nouvelle stratégie pour se protéger de l’utilisation sauvage de l’Intelligence artificielle (Ia) est en train de naître. Alors que le secteur culturel est bouleversé par l’Ia générative, l’acteur américain oscarisé Matthew McConaughey, connu pour ses rôles dans «The Big Short», «Dallas Buyers Club» ou «Interstellar», a trouvé une parade.
Il a fait breveter sa voix et son image auprès de l’Institut américain de la propriété intellectuelle. Au cours des derniers mois, Matthew McConaughey a obtenu huit dépôts de marque. Ils ont été enregistrés par la branche commerciale d’une fondation créée par le comédien et son épouse Camila dans la base de données de l’United States Patent and Trademark Office (Uspto). Dans le lot, il y a des extraits vidéo où on le voit sourire, regarder la caméra, discuter… mais aussi des enregistrements audio plus ou moins emblématiques, comme sa célèbre réplique : «Alright alright alright.» Aux Etats-Unis, ce «Alright alright alright» traînant et nasillard est très connu. Dès que Matthew McConaughey prend la parole en public, il le redit. Et il faut bien comprendre que l’acteur n’a pas fait breveter des extraits forcément longs, mais surtout des enregistrements «emblématiques» pour entraîner efficacement des générateurs d’images ou de voix.
McConaughey s’assure d’être rémunéré
Si l’acteur fait cette démarche, ce n’est pas vraiment pour une question de principe, car comme souvent, le nerf de la guerre, c’est l’argent. Avec ces dépôts de marque, McConaughey s’assure d’être rémunéré, au cas où un outil d’Intelligence artificielle utiliserait ces extraits pour générer des images. Car sur le principe de l’Ia en tant que tel, l’acteur est très loin d’y être opposé : il y a quelques mois, il a même conclu un accord avec ElevenLabs, une entreprise d’Ia spécialisée dans le clonage vocal, pour lui permettre de reproduire sa voix. Matthew McConaughey investit même depuis plusieurs années dans cette start-up et il garde un droit de regard sur les projets sur lesquels sa voix sera utilisée. La démarche de McConaughey est loin d’être un cas isolé. Il y a quelques années, la star hollywoodienne Tom Hanks avait averti ses fans contre l’utilisation de son image par une publicité pour une assurance dentaire… Et en 2023, Scarlett Johansson avait engagé une procédure judiciaire contre l’application Lisa Ai. Cette dernière avait créé pour une publicité un avatar Ia à l’image de l’actrice américaine et avait reproduit son timbre vocal, sans son consentement.
Rfi