A la suite de la réception des rapports du médiateur de la République et de l’Observateur national des lieux de privation de liberté (Onlpl), le chef de l’Etat a fermement enjoint le gouvernement de corriger les failles de l’Administration et de moderniser le système judiciaire et carcéral.

C’est un véritable coup de timon que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, vient de donner au fonctionnement des services publics et de l’appareil judiciaire. Lors du dernier Conseil des ministres, le chef de l’Etat a officiellement informé la table gouvernementale de la réception de documents stratégiques pour le respect des droits des citoyens : le rapport 2025 du médiateur de la République ainsi que les rapports 2024 et 2025 de l’Observateur national des lieux de privation de liberté (Onlpl).

Loin de ranger ces documents dans les tiroirs de la Présidence, le chef de l’Etat entend s’en servir comme levier de transformation de l’Etat. Face aux griefs accumulés par les citoyens envers les services publics, le message présidentiel s’est voulu direct. Bassirou Diomaye Faye a engagé le Premier ministre et l’ensemble du gouvernement à examiner «avec diligence» toutes les réclamations recensées. L’ins­truc­tion est claire : les manquements signalés doivent être corrigés sans délai, et les recommandations des organes de régulation appliquées à la lettre.

Pour inscrire cette démarche dans la durée, le président de la République demande une amélioration concrète des relations entre l’Administration et les usagers ; l’ouverture immédiate d’une réflexion sur l’actualisation des missions et du cadre institutionnel du médiateur de la République, afin de lui donner plus de poids face aux lenteurs et abus administratifs.

Humanisation des prisons et urgences judiciaires

L’autre volet fort de cette déclaration concerne la situation alarmante des lieux de détention. S’appuyant sur les constats de l’Onlpl, le chef de l’Etat a exigé une attention toute particulière sur les conditions de prise en charge et de détention dans les commissariats, brigades de gendarmerie (gardes à vue) et établissements pénitentiaires du pays.

Feuille de route en main, le ministre de la Justice a été directement interpellé pour traiter trois urgences majeures : régler le goulot d’étranglement judiciaire pour veiller à l’instruction définitive et accélérée des affaires pendantes en appel ; réviser en profondeur le cadre réglementaire relatif au traitement des personnes déficientes mentales en milieu carcéral et médical ; et finaliser dans les plus brefs délais les projets respectifs du nouveau statut des personnels pénitentiaires et du Code pénitentiaire.

Par ce rappel à l’ordre, la Présidence réaffirme sa volonté de placer l’équité, le respect des droits humains et l’efficacité au cœur du renouveau de l’action publique.