Inculpés pour «offense au chef de l’Etat» et «discours contraire aux bonnes mœurs», Mandoumbé Diop («Lamiñu Daarou»), «Oustaz Thiep» et «Ndiaye Touba» ont été fixés sur leur sort ce mercredi. Le Tribunal de Dakar les a condamnés à de la prison ferme après la diffusion de prières controversées visant implicitement le pouvoir.

Le Tribunal des flagrants délits de Dakar a tranché ce mercredi 5 août. Trois figures médiatiques proches de la formation politique Pastef et collaborateurs du média en ligne Feeñal Digital ont été condamnés à des peines de prison ferme pour «offense au chef de l’Etat» et «discours contraire aux bonnes mœurs».

La peine la plus lourde a été prononcée contre Mandoumbé Diop, plus connu sous le pseu­donyme de «Lamiñu Daarou», qui écope de trois mois de prison ferme. Ses deux coaccusés, Maguèye Diaw alias «Oustaz Thiep» et Moustapha Ndiaye dit «Ndiaye Touba», ont quant à eux été condamnés à deux mois de prison ferme chacun.

L’affaire tire son origine d’une vidéo publiée sur le réseau social TikTok et enregistrée à l’occasion du Magal de Mbacké Bari. Dans cette séquence, les trois hommes формуlaient des prières en souhaitant que «le malheur et la mort» frappent «celui qui a trahi le projet de Pastef». Bien que le nom du chef de l’Etat n’ait jamais été cité de manière explicite, les propos ont été largement interprétés par les poursuites comme visant directement le Président Bassirou Diomaye Faye.

Interpellés et placés sous mandat de dépôt le 30 juillet dernier, les trois chroniqueurs ont comparu selon la procédure d’urgence du flagrant délit. Lors des débats, leur avocat, Me Abdy Nar Ndiaye, a vivement contesté la qualification des faits. Il a sollicité la relaxe de ses clients en rappelant que le délit d’offense au chef de l’Etat exige une désignation claire et non équivoque de la personne visée, qualifiant en outre la séquence diffusée de simple «discussion entre amis».

Le Tribunal n’a finalement pas suivi les arguments de la défense, scellant le départ des trois prévenus vers la maison d’arrêt pour exécuter leurs peines respectives.