Longtemps marginalisées dans l’attribution des marchés publics en raison d’un déficit de compétitivité, les Pme et Pmi de la région de Kolda franchissent un cap. A travers un atelier de renforcement de capacités de deux jours, l’Agence nationale pour la relance des activités en Casamance (Anrac) a outillé 35 chefs d’entreprises locales afin de leur permettre de bâtir des dossiers solides et d’attirer l’investissement public au niveau local.

Par Aladji BADJILANG – Les Petites et moyennes en­treprises (Pme) ainsi que les Petites et moyennes industries (Pmi) de la région de Kolda sont désormais mieux armées pour accéder à la commande publique. L’initiative émane de l’Agence nationale pour la relance des activités en Casa­mance (Anrac), qui a initié une session de renforcement de capacités destinée à accroître la compétitivité du tissu économique local.

Historiquement, l’accès aux marchés publics constitue un véritable casse-tête pour les Pme/Pmi locales, souvent pé­na­lisées par un manque de préparation technique et méthodologique. Face à ce constat, l’Anrac a sélectionné, sur la base de critères rigoureux, 35 chefs d’entreprise issus des trois départements de la région de Kolda. Pendant deux jours, ces acteurs économiques ont été formés aux subtilités de la constitution d’un dossier de soumission : maîtrise des pièces requises, respect des exigences administratives, gestion des délais et optimisation de la performance des offres.

Un levier stratégique pour l’économie locale

Présidant la rencontre, le Gouverneur de la région de Kolda, Moustapha Ndiaye, a rappelé que la commande publique constitue un puissant levier de promotion du secteur privé national, de dynamisation de l’économie locale et de lutte contre le chômage. Selon l’autorité régionale, l’enjeu central de cette formation est de structurer un secteur privé local fort, autonome et capable de rivaliser avec les grands acteurs nationaux lors des appels d’offres. En partenariat avec les chambres consulaires de Kolda, les Pme/Pmi engagées visent désormais l’excellence, tant au niveau de la soumission que de l’exécution des contrats.

De son côté, David Diatta, maire de Fafacourou et représentant du Directeur général de l’Anrac, a souligné qu’une économie régionale pérenne repose obligatoirement sur un secteur privé formé et compétitif. Il a notamment pointé du doigt les contraintes liées à l’attribution récurrente de marchés à des entreprises extérieures non résidentes : manque de suivi local, délais d’exécution rallongés, voire abandon de chantiers. Pour l’Anrac, le développement de compétences de proximité chez les entrepreneurs résidents est la réponse la plus efficace pour garantir l’aboutissement des projets d’infrastructures.

Prochaine étape : Sédhiou et Ziguinchor

Au sortir de cet atelier, les participants ont exprimé leur satisfaction, affirmant avoir identifié leurs erreurs passées pour ne plus les reproduire. Le mot d’ordre reste clair : rigueur et compétitivité pour remporter et exécuter les marchés dans les règles de l’art.

Après cette étape de Kolda, l’Anrac prévoit de déployer le même programme à Sédhiou et Ziguinchor. Une démarche globale qui vise à doter l’ensemble des Pme/Pmi de la Casamance naturelle des leviers indispensables pour capter la commande publique -qu’il s’agisse de prestations de services, de fourniture d’équipements ou de travaux publics.

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