A l’occasion de la Journée internationale des Casques bleus, le Secrétaire général des Nations unies a rendu un hommage solennel, à New York, aux forces de maintien de la paix. Entre la mémoire douloureuse des 68 soldats tombés en mission et la célébration d’actes de courage exceptionnels au Soudan du Sud, en Rd Congo, au Liban et en Allemagne, cette cérémonie a mis en lumière le prix du sacrifice et le rôle vital des 50 000 Casques bleus actuellement déployés au péril de leur vie pour défendre la paix et les populations les plus vulnérables. Et l’Ukrainien Sergii Prykhodko et l’Uruguayen Sergent Matías Reyes ont été les héros de la Médaille Capitaine Mbaye Diagne pour leur bravoure.
A l’occasion d’une cérémonie solennelle à New York, le Secrétaire général des Nations unies a rendu un vibrant hommage aux soldats de la paix. Entre distinctions posthumes pour les 68 Casques bleus tombés en mission et médailles de courage décernées à des héros d’Ukraine, d’Uruguay, d’Inde et d’Allemagne, l’organisation rappelle le coût humain et l’impact vital de ses opérations de maintien de la paix à travers le monde. La cérémonie a débuté par un moment de recueillement poignant. Le Secrétaire général a déposé une gerbe de fleurs en mémoire des quelques 4500 personnes ayant perdu la vie depuis la création des forces de maintien de la paix de l’Onu il y a près de 80 ans.
A titre posthume, la Médaille Dag Hammarskjöld a été décernée à 68 Casques bleus qui ont consenti au sacrifice suprême, dont 59 pour la seule année écoulée. Originaires de 33 pays distincts, ces femmes et hommes incarnent, selon le Secrétaire général, «ce que l’humanité a de meilleur». Face aux familles endeuillées, l’Onu s’est engagée à poursuivre la mission de paix à laquelle ils ont dédié leur existence.
Décernée seulement à trois reprises dans l’histoire de l’Onu, la prestigieuse Médaille Capitaine Mbaye Diagne pour acte de courage exceptionnel a honoré deux nouveaux récipiendaires. Cette distinction porte le nom d’un militaire sénégalais héroïque qui s’est sacrifié en 1994 au Rwanda pour sauver des vies. Sergii Prykhodko (Ukraine) : membre d’un équipage d’hélicoptère privé pour la Minuss au Soudan du Sud, il s’est porté volontaire en mars 2025 pour remplacer un collègue moins expérimenté lors d’une évacuation à haut risque. Son appareil a essuyé des tirs nourris, lui coûtant la vie alors qu’il tentait de secourir des soldats assiégés. Sa veuve et sa fille étaient présentes pour recevoir cet hommage.
Il y a aussi Sergent Matías Reyes (Uruguay) : actuellement en mission au sein de la Monusco en République démocratique du Congo, le sergent Reyes est intervenu en janvier 2025 à Goma, lors de violents affrontements. Sous un feu nourri, il est sorti à plusieurs reprises de sa base pour porter sur son dos 12 soldats congolais blessés et les mettre à l’abri. Présent par visioconférence depuis son lieu de déploiement, il a été salué comme la fierté de l’organisation.
Des femmes pionnières en première ligne
L’Onu a également mis en avant le leadership féminin dans des contextes de haute sécurité en décernant deux prix majeurs. Commandante Abhilasha Barak (Inde) : lauréate du Prix de la Défense de l’égalité des genres, elle opère au sein de la Finul au Liban. En tant que coordonnatrice de l’égalité des genres, elle veille à l’inclusion des besoins des femmes et des groupes vulnérables dans les opérations. Elle a notamment favorisé l’accès de milliers de femmes à l’éducation, à la santé et à des formations professionnelles, tout en déployant des réseaux d’alerte rapide pour la protection civile.
Et aussi l’Inspectrice Stephanie Königs (Allemagne) : sacrée Policière des Nations unies de l’année pour son action passée au sein de la Minuss au Soudan du Sud (septembre 2024-mars 2026). Dans un climat de fortes restrictions à Djouba, elle a négocié avec brio le passage de ses patrouilles aux postes de contrôle, permettant ainsi l’acheminement d’une aide vitale dans les camps de déplacés internes.
Un symbole d’espoir pour 50 000 civils
A l’heure actuelle, plus de 50 000 Casques bleus sont déployés à travers le monde. Qu’il s’agisse de sécuriser des scrutins, d’escorter l’aide humanitaire, de déminer des territoires ou de repousser la violence, le Secrétaire général a réitéré son admiration absolue pour ces personnels qui «font vivre l’espoir là où il fait souvent défaut».
Au total, l’engagement historique des pays fournisseurs de contingents aura permis à plus de deux millions de personnes de servir la paix à travers 71 opérations mondiales.
