Actuels leaders du Groupe D (4 pts, +3), les Lions de la Teranga défient les Guépards du Bénin ce soir. Au-delà de la qualification, c’est une bataille pour le trône qui se joue : le Sénégal veut rester dans son cocon de Tanger, tandis que la Rd Congo guette le moindre faux pas pour chiper la première place.
Par Woury DIALLO (Envoyé spécial à Tanger) – L’équation est simple, mais le piège est réel. Ce soir, sur la pelouse du Grand Stade de Tanger, le Sénégal joue bien plus qu’une simple troisième journée de phase de poule de la Can. Pour les hommes de Pape Thiaw, l’objectif est double : valider leur montée en puissance et s’assurer un avenir plus serein dans la compétition en évitant un exil périlleux vers Fès pour y défier l’Algérie, l’un des épouvantails du tournoi.
Le calcul de la première place : une question de survie
Avec 4 points (+3), le Sénégal devance d’une courte tête la Rd Congo (+1). Si les Léopards s’imposent largement face à un Botswana déjà éliminé, les Lions n’auront d’autre choix que de l’emporter face au Bénin pour conserver leur première place. «Le message est clair : gagner et garder la première place. Cela demande du sérieux, du calme et une profonde humilité», a martelé Pape Thiaw en conférence de presse. Le technicien sénégalais, bien conscient de l’usure des corps après deux duels intenses, mise sur la profondeur de son banc. Refusant le terme de «coiffeurs», il rappelle sa propre expérience de 2002 : «Je n’ai que des titulaires. Ils sont tous prêts. La fraîcheur physique sera la clé du dernier geste.»
Eviter l’Algérie, un impératif stratégique
Face au Bénin, c’est la sensation d’un match qu’il faut gagner en dépit du respect dû à l’adversaire. «Nous respectons l’adversaire. Le Bénin a réalisé un bon match contre la Rd Congo. A nous de rester concentrés sur ce qu’on a à faire. Maintenant, le dernier geste appartient aux joueurs», dit le sélectionneur des Lions. La victoire est impérative. Car, finir à la deuxième place obligerait les Lions à un déplacement logistiquement lourd vers Fès pour un choc précoce face aux Fennecs algériens. Si Pape Thiaw affiche une sérénité de façade -«S’il faut se déplacer, on le fera, et je pense que l’adversaire n’aimera pas nous croiser»-, la réalité du terrain impose de rester à Tanger. Le confort de leurs habitudes et le soutien local sont des atouts que le staff technique ne veut pas brader.
Les Guépards veulent «écrire l’histoire»
En face, le Bénin ne se présente pas en victime expiatoire. Revigorés par un succès historique contre le Botswana (1-0), les Guépards de Gernot Rohr rêvent d’un braquage mémorable. Pour eux, le Sénégal est le maître étalon du continent, mais pas un obstacle infranchissable.
«Le Père Noël est déjà passé. Maintenant, nous voulons croire en notre étoile», a lancé Gernot Rohr, soutenu par son capitaine Steve Mounié. Leur ambition est sans ambiguïté : accrocher une place qualificative et ne pas «rentrer à la maison le 31 décembre». Pour le Bénin, une victoire contre le champion d’Afrique 2021 serait l’acte de naissance d’une nouvelle ère.
A 19 h Gmt, le duel à distance avec la Rd Congo tiendra tout un pays en haleine. Entre calculs tactiques et bravoure physique, les Lions savent qu’ils n’ont pas le droit à l’erreur s’ils veulent garder leur destin entre leurs mains.
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