C’est l’affiche de rêve que tout le continent attendait. Ce dimanche, le Stade Moulay Abdellah de Rabat sera le théâtre d’une finale épique entre les deux épouvantails de la compétition : le Maroc et le Sénégal. Alors que les champions de 2021 visent la confirmation avec une deuxième étoile, les Marocains entendent bien faire respecter la loi du domicile pour décrocher ce second sacre qui leur échappe depuis 1976. Un duel au sommet où seule la victoire compte.
L’affiche était écrite dans les astres, murmurée dans les travées des stades de Tanger à Rabat, et finalement validée par le terrain. Ce dimanche, le Complexe sportif Prince Moulay Abdellah de Rabat ne sera pas seulement le cœur battant du Maroc, mais l’épicentre du football continental. Le Sénégal, sacré il y a deux éditions, défie le pays-hôte, le Maroc, qui court après un deuxième sacre depuis 50 ans, dans une finale qui sent la poudre et l’histoire.
Un duel de frères
Au-delà de la rivalité sportive, cette finale est une célébration des liens séculaires. Entre Dakar et Rabat, la relation dépasse le cadre diplomatique : elle est spirituelle, économique et culturelle. Mais ce dimanche, durant 90 minutes (ou plus), la fraternité laissera place à une saine hostilité. Pour le Sénégal, il s’agit de confirmer une forme d’hégémonie sur le continent. Pour le Maroc, c’est une quête identitaire : ramener enfin un trophée qui fuit le royaume depuis près d’un demi-siècle.
Le Parcours des Lions : force tranquille face à la ferveur locale
Les deux nations arrivent à ce stade de la compétition sans avoir connu le goût amer de la défaite. Cependant, leurs trajectoires diffèrent par le style et l’émotion. Les champions d’Afrique 2021 ont affiché une sérénité impressionnante. Sortis leaders d’un Groupe D piégeux, les hommes de Pape Thiaw ont gravi les échelons avec une maturité tactique remarquable : Une domination nette, malgré un accroc face à la Rd Congo (1-1). Et en phase finale, des victoires cliniques contre le Soudan (3-1), le Mali (1-0) et une demi-finale de haute lutte face à l’Egypte (1-0). C’est la troisième finale en quatre éditions pour le Sénégal, une régularité qui force le respect et installe le pays comme la nouvelle aristocratie du foot africain.
Maroc : le réveil d’un géant endormi
Pour les Lions de l’Atlas, le chemin a été pavé de frissons. Portés par un public incandescent, ils ont su gérer la pression du pays organisateur : en phase de groupe, une qualification solide malgré une alerte face au Mali (1-1). Et en phase finale, une montée en puissance avec un succès probant contre le Cameroun (2-0) et une séance de tirs aux buts héroïque contre le Nigeria (0-0, 4-2 tab). L’enjeu est immense : le Maroc n’a remporté la Can qu’une seule fois, en 1976. C’était une autre époque : depuis la finale perdue de 2004, le Peuple marocain attend ce sacre comme une délivrance.
Demain, le stade de 53 000 places sera un chaudron bouillant. Tactiquement, l’opposition de styles promet : il y a la rigueur sénégalaise avec une défense de fer et une capacité à punir sur transition rapide, et la créativité marocaine : un jeu de possession fluide et l’appui inconditionnel du «12ème homme».
L’Heure de Vérité
Dimanche à 19h Gmt, l’Afrique retiendra son souffle. Entre le Sénégal, qui veut broder une deuxième étoile sur son maillot après l’échec de Yamoussoukro, et le Maroc, qui veut mettre fin à 50 ans de disette à domicile, l’histoire s’écrira en lettres d’or. Qui du Sénégal ou du Maroc régnera sur le continent ? Réponse au bout de la nuit rabatie.

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