La Berlinale 2026 dévoile une première sélection marquée par la présence en compétition de «Dao», de Alain Gomis.

La Berlinale, le Festival international du film de Berlin, a commencé à lever le voile sur les premiers films sélectionnés en compétition pour son édition 2026, qui se tiendra du 12 au 22 février. Une première vague d’annonces dominée par les premières mondiales, la diversité des écritures et une forte présence européenne. Au cœur de cette sélection, un nom retient particulièrement l’attention : Alain Gomis. Avec Dao, Alain Gomis retrouve la compétition officielle de la Berlinale, un festival qui accompagne son parcours depuis de nombreuses années. Réalisateur franco-sénégalais majeur du cinéma contemporain, Alain Gomis a construit une œuvre singulière, traversée par les questions d’identité, d’exil, de circulation entre les mondes et de mémoire intime. Révélé internationalement avec L’Afrance (2001), puis consacré par Félicité -Ours d’argent- Grand Prix du Jury à Berlin en 2017, Alain Gomis développe un cinéma profondément incarné, attentif aux corps, aux silences et aux territoires. Dao s’inscrit dans la continuité de ce cinéma qui refuse les assignations, brouille les frontières entre continents, langues et récits, et propose une autre manière de penser l’appartenance. Peu d’éléments ont pour l’instant été dévoilés sur Dao, sauf un court resumé : «un film où deux célébrations de la vie, un mariage en France et une commémoration en Guinée-Bissau, s’entremêlent organiquement, tissant les liens d’une famille et d’un héritage qui vivent et voyagent entre ces deux mondes. Un mouvement circulaire perpétuel qui encadre la réalité», informe la plateforme du festival. Mais sa sélection en compétition confirme la confiance que la Berlinale accorde au travail de Gomis. A l’image de ses films précédents (Aujourd’hui (Long métrage fiction, 2012), Félicité (Long métrage fiction, 2017), le cinéaste privilégie une narration sensorielle, où l’intime se mêle au politique sans jamais céder au didactisme. Chez Gomis, le cinéma est avant tout un espace d’écoute : des personnages souvent en marge, des trajectoires traversées par l’histoire coloniale, les circulations migratoires et les fractures contemporaines, le tout toujours filmé avec une profonde humanité. En cela, Dao apparaît déjà comme l’un des films les plus attendus de cette édition. Si la Berlinale apparaît comme un écrin naturel pour le cinéma de Alain Gomis, c’est aussi parce que le festival allemand demeure l’un des rares grands rendez-vous internationaux à défendre un cinéma politique au sens large : un cinéma attentif aux réalités sociales, aux minorités, aux marges, sans renoncer à une exigence formelle.

Autre cinéaste d’origine sénégalaise attendu à ce rendez-vous, Alpha Diallo, qui présente son premier film, un court métrage. «Dembe est mort d’une overdose dans la lointaine métropole de Dakar. Son père refuse de l’enterrer dans le cimetière familial du village, estimant que son âme est devenue «impure». La mère de Dembe décide alors de prendre les choses en main», resume le festival.

Avec Les Inrocks