A Guédiawaye, la colère des bénéficiaires de parcelles Pud aurait pu éclater lors du défilé du 4 Avril. Le blocage persistant de leurs baux à la Dgid les poussait à envisager une manifestation, avant que l’intervention du Préfet ne désamorce la crise et préserve le calme pour la fête nationale.
Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – A Guédiawaye, le dossier des baux en souffrance à la Direction générale des impôts et domaines (Dgid) est devenu un point de tension majeur. Des bénéficiaires, ayant respecté toutes les démarches -vérification par la Commission ad hoc, délivrance des quitus, instruction par les services locaux et signature par le Gouverneur- voient leurs dossiers rester bloqués, tandis que d’autres, jugés privilégiés, sont approuvés sans délai.
Bassirou Faye, porte-parole des populations concernées, s’indigne : «Nous avons suivi toutes les étapes administratives avec rigueur. Pourtant, nos baux restent sur les bureaux de la Dgid alors que ceux du Syndicat des impôts, des ambassadeurs, des administrateurs civils et de particuliers fortunés sont validés rapidement. C’est une discrimination claire !» Frustrés, les habitants avaient prévu de manifester le jour du défilé du 4 Avril pour faire entendre leur voix devant les autorités et la Nation. Une action qui aurait pu perturber les célébrations de la Fête de l’indépendance et mettre en lumière leur lutte.
C’est là que le Préfet de Guédiawaye est intervenu. Grâce à une médiation rapide et inclusive, il a rencontré les représentants des populations, écouté leurs doléances et obtenu un engagement : reporter toute manifestation et porter officiellement leurs revendications auprès des instances compétentes. Une intervention qui a permis de sauver la fête et d’éviter tout incident. Babacar Mbaye Ngaraf, facilitateur de cette rencontre, insiste : «L’unité nationale prime sur tout. Nous appelons les populations à un peu de patience pour célébrer la fête en beauté. Mais leurs revendications légitimes ne sont pas oubliées.»
Pour Modou Willane cette trêve est temporaire : «Nous ne refusons pas le progrès, ni l’action de l’Etat, mais nous exigeons que nos droits soient respectés. Si nos dossiers restent bloqués, nous n’hésiterons pas à reprendre la mobilisation. Nous appelons le président de la République à garantir l’équité et le principe d’égalité.»
Ainsi, si le 4 avril va pouvoir être célébré dans le calme, le dossier des baux en souffrance reste une épine dans le pied des autorités. A Guédiawaye, la population attend désormais des réponses concrètes, déterminée à ne pas laisser ses droits être bafoués, avec la menace d’une mobilisation citoyenne toujours prête à se manifester.
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