Face à la multiplication des alertes sur les réseaux sociaux concernant des denrées impropres à la consommation, Bakary Ndiaye, chef de la Division de la consommation et de la sécurité des consommateurs, nuance l’ampleur du phénomène. Selon lui, cette perception est amplifiée par la rapidité de circulation de l’information, bien que le dispositif de contrôle scientifique reste pleinement opérationnel.
Par Amadou MBODJI – Les signalements de produits impropres à la consommation se multiplient en ligne, alimentant le sentiment d’une dégradation générale de la qualité des denrées. Pour Bakary Ndiaye, chef de la Division de la consommation et de la sécurité des consommateurs (rattachée à la Direction du commerce intérieur), il s’agit avant tout d’un effet d’amplification. «Le phénomène a toujours existé, mais aujourd’hui chaque cas est relayé sur les réseaux sociaux. Si tout ce que nous consommons était de mauvaise qualité, nous ne vivrions pas aussi longtemps», temporise-t-il, soulignant au passage que ces alertes citoyennes servent de levier pour orienter les inspections sur le terrain. Récemment, des opérations ciblées, notamment dans la zone de Colobane à Dakar, ont permis de retirer du circuit plus de 30 000 canettes de boissons gazeuses, des centaines de bouteilles de jus sucrés et plus de 5000 sachets de couscous non conformes.
Le chef de division rappelle une distinction essentielle : un produit jugé impropre doit l’être sur des critères scientifiques, et non sur la base d’une vidéo virale. Produit non conforme ? Il ne respecte pas les normes légales ou sanitaires (défaut d’étiquetage, péremption, composition hors normes). Produit dit «malsain» ? Il respecte les normes, mais sa surconsommation (excès de sucre, de sel, de gras ou de bouillons culinaires) pose un risque pour la santé publique et favorise les maladies non transmissibles.
584 tonnes de produits retirées du marché en 2025
Les bilans de la division témoignent d’une surveillance continue : 584 tonnes de denrées non conformes (estimées à plus de 910 millions de F Cfa) ont été retirées du marché en 2025, 80% de ces retraits ont été effectués de manière volontaire par les importateurs et industriels eux-mêmes, anticipant des contrôles inopinés ou alertés par leurs propres salariés, et sur 2965 analyses de conformité menées en 2025, seuls 150 cas de non-conformité ont été détectés par les laboratoires habilités.
Qu’il s’agisse de produits locaux ou importés, la mise sur le marché nécessite des analyses rigoureuses s’appuyant sur les normes nationales, régionales (Uemoa/Cedeao) ou internationales (Codex Alimentarius). En cas de non-conformité sur une production locale, le fabricant a l’obligation de revoir sa recette avant toute nouvelle évaluation.
Enfin, pour répondre aux pics de consommation lors des grands événements religieux comme le Magal de Touba, le ministère du Commerce renforce systématiquement ses effectifs sur le terrain afin de garantir la qualité des produits, le respect des prix et la stabilité des approvisionnements.
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