Invité d’une émission de Seneweb ce vendredi, le député de l’opposition Amadou Dawa Diallo n’a pas mâché ses mots à l’égard de la gestion budgétaire de l’Assemblée nationale. Membre de la Commission de la comptabilité et du contrôle budgétaire, il qualifie le slogan de transparence du régime, «Jub-Jubal-Jubanti», de simple formule creuse au sein de l’Hémicycle. Pour appuyer ses accusations, le parlementaire pointe du doigt une faille juridique majeure dans le règlement financier de l’institution, ouvrant selon lui la porte à toutes les dérives.
Le slogan de rupture et de transparence «Jub-Jubal-Jubanti» (droit, rectitude, redressement) passe-t-il les portes de l’Assemblée nationale ? Pas selon Amadou Dawa Diallo. Invité sur le plateau de Seneweb ce vendredi, le député de l’opposition et membre de la Commission de la comptabilité et du contrôle budgétaire a dressé un bilan sans concession de la rigueur financière au sein de la deuxième institution du pays. Pour lui, la formule brandie par le pouvoir actuel se réduit à un «simple slogan» dès qu’il s’agit des caisses du Parlement.
L’article 17, «la voie ouverte à toutes les malversations»
Pour étayer ses soupçons et donner du poids à sa critique, le parlementaire s’est appuyé sur les textes mêmes qui régissent les finances de l’Assemblée nationale. Il a notamment brandi l’article 17 du règlement financier de l’institution. Un texte dont les dispositions s’opposent radicalement, selon lui, aux velléités de reddition des comptes. Cet article stipule en effet que «les dépenses de nature spéciale sont dispensées de contrôle». Une zone d’ombre budgétaire que le député juge inadmissible dans un contexte où la transparence est érigée en dogme d’Etat. «N’est-ce pas là la voie ouverte à toutes les malversations possibles ?», s’est interrogé avec gravité le membre du groupe parlementaire de l’opposition.
En ciblant ces «dépenses de nature spéciale» échappant à toute vérification, Amadou Dawa Diallo met le doigt sur un paradoxe institutionnel majeur. Comment exiger une gouvernance vertueuse des directeurs généraux et des ministères si l’institution chargée de contrôler l’action du gouvernement s’auto-exclut d’une partie des vérifications comptables ?
Cette sortie au vitriol du député de l’opposition sur Seneweb risque de relancer avec force le débat sur la réforme des règlements intérieur et financier des institutions de la République, alors que l’opinion publique reste très attentive aux promesses de rupture du nouveau régime.

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