Dans une lettre ouverte adressée aux présidents des groupes parlementaires Pastef et Takku Wallu, la plateforme citoyenne «Nay Leer» exige toute la lumière sur la gestion des ressources de l’Assemblée nationale, citant notamment l’achat controversé de véhicules pour les députés et des accusations de malversations.

Par Abdou Latif MANSARAY – La gestion de l’Assemblée nationale est sous le feu des projecteurs. La plateforme citoyenne «Nay Leer», dirigée par son Coordonnateur national, Babacar Mbaye Ngaraf, a officiellement saisi les présidents des groupes parlementaires Pastef et Takku Wallu, et les députés non-inscrits pour réclamer l’exercice de la souveraineté nationale à travers un contrôle parlementaire rigoureux.

Des soupçons de «gestion gabegique»

Au cœur de cette interpellation, se trouvent deux dossiers brûlants qui secouent l’opinion publique, notamment le marché des véhicules : des informations font état de l’acquisition de voitures d’une valeur unitaire de «cinquante millions» de francs Cfa pour les députés. La plateforme s’interroge sur l’opportunité d’une telle dépense face au contexte économique et social actuel du pays.

Par ailleurs, la plateforme est aussi revenue sur les accusations du député de la majorité Kaba Diakité ? Ce dernier a publiquement mis en cause le président de l’Assemblée nationale, dénonçant une «gestion gabegique» des ressources publiques.

Un appel à l’action parlementaire

Face à ce que «Nay Ler» qualifie de «flou» préjudiciable à la crédibilité de l’institution, l’organisation appelle les députés de la majorité à traduire en actes la devise «Jub, Jubal, Jubanti». Elle sollicite l’ouverture immédiate d’une initiative parlementaire, comme une commission d’enquête, une mission d’information ou la saisine de la Cour des comptes.

L’objectif affiché est triple : vérifier la conformité des marchés publics et des règles budgétaires, entendre l’auteur des accusations (Kaba Diakité) pour établir les faits de manière objective, garantir le droit légitime des citoyens à l’information et à la reddition des comptes.

«Sortir du stade de la polémique»

Pour Babacar Mbaye Ngaraf, ces graves accusations ne peuvent plus rester au stade de l’affrontement politique ou médiatique. «Elles doivent être soit rigoureusement établies, soit clairement infirmées», précise le document. Alors que le climat de suspicion s’installe, la réponse des députés est désormais attendue pour lever les zones d’ombre sur la gestion de la Chambre basse du Parlement sénégalais.

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