Face à la prolifération inquiétante des eaux usées dans la capitale, la Ville de Dakar, en partenariat avec l’Université de Barcelone, mise sur l’innovation écologique. Lors d’une exposition à l’Ifan, le maire Cheikh Guèye a plaidé pour une généralisation des systèmes de traitement naturels.Face à la prolifération inquiétante des eaux usées dans la capitale, la Ville de Dakar, en partenariat avec l’Université de Barcelone, mise sur l’innovation écologique. Lors d’une exposition à l’Ifan, le maire Cheikh Guèye a plaidé pour une généralisation des systèmes de traitement naturels.
Par Amadou MBODJI – Le constat est sans appel : «Il y a tellement d’eaux usées un peu partout.» C’est par ce cri du cœur que Cheikh Guèye, maire de Dieuppeul-Derkhlé et Président de la Commission de coopération décentralisée de la Ville de Dakar, a exprimé son inquiétude face aux défis environnementaux de la presqu’île. Représentant le maire de Dakar, il a salué la pertinence d’une transition vers une gestion durable de l’eau et de l’assainissement, basée sur des «solutions fondées sur la nature».
Un enjeu de santé publique et de bien-être social
Bien que l’assainissement ne soit pas une compétence directement transférée aux communes, la Ville de Dakar entend ne plus rester spectatrice. Pour Cheikh Guèye, l’intervention est une nécessité morale et sanitaire : «La Ville de Dakar a pour mission de contribuer au bien-être des populations. Nous devons apporter des réponses concrètes.»
Le déversement anarchique des eaux usées sur la voie publique et dans les zones de maraîchage constitue une véritable bombe à retardement sanitaire. C’est pour répondre à cette urgence qu’est né un projet qualifié de «révolutionnaire», fruit d’une collaboration étroite entre la Ville de Dakar, l’Université de Barcelone, la mairie de Barcelone et la Fondation Montrois.
Passer du prototype à la généralisation urbaine
L’innovation ne part pas de rien. Des prototypes fonctionnels existent déjà, notamment au sein du Laboratoire de traitement des eaux usées (Lateu) de l’Ifan et à l’université Gaston Berger de Saint-Louis. L’objectif est désormais de changer d’échelle.
«C’est un projet d’une grande efficacité qui propose des solutions durables. Nous voulons étendre ces dispositifs aux 19 communes de Dakar», a annoncé l’édile. Le principe est simple mais puissant : traiter l’eau de manière naturelle pour qu’elle puisse être réutilisée, notamment pour l’arrosage des espaces verts et le développement de l’agriculture urbaine. Une économie circulaire de l’eau qui permettrait d’embellir le cadre de vie tout en préservant les ressources.
La science au service de la cité : l’axe Dakar-Barcelone
Ce partenariat académique et municipal ne se limite pas à l’installation d’infrastructures. Il comporte un volet essentiel de transfert de compétences. Mardi dernier, en marge de l’exposition «La gestion durable de l’eau et de l’assainissement : les solutions sur la nature à l’honneur», une vingtaine de récipiendaires ont reçu des parchemins sanctionnant une formation spécialisée.
Cette expertise, développée entre l’Université de Barcelone et l’Ucad, vise à créer une masse critique de techniciens et de décideurs capables de porter ces solutions vertes. L’exposition, qui met en lumière ces avancées technologiques et écologiques, se tient au Musée Théodore Monod jusqu’au 18 janvier 2026, avant de se poursuivre à l’Ifan Cheikh Anta Diop du 19 au 31 janvier 2026.
ambodji@lequotidien.sn

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