Le célèbre animateur de l’émission «Faram Facce» est attendu ce mardi dans les locaux de la police. Cette nouvelle convocation, liée à son dernier numéro avec Me El Hadj Diouf, suscite une vague d’indignations chez des acteurs de la Société civile comme Babacar Ba et Moundiaye Cissé, qui dénoncent un «acharnement» contre les professionnels de l’information.

Par Justin GOMIS – Le rendez-vous est pris : ce mardi à 10 heures, Pape Ngagne Ndiaye, figure de proue de la Tfm, devra répondre aux questions des enquêteurs de la Sûreté urbaine de Dakar pour la deuxième fois en quelques semaines. L’appel est venu du Lieutenant Faye, précisant que la procédure concerne l’émission de mercredi dernier dont l’invité était l’avocat Me El Hadj Diouf. Pour l’heure, le journaliste reste dans le flou quant aux motifs exacts de cette audition, tout en affichant une sérénité totale. «Je ne peux pas croire que ce sont les commentaires que j’ai faits sur l’affaire Pape Malick Ndour ou sur le Premier ministre qui m’ont valu cette convocation», a-t-il confié sur les ondes de la Rfm, réitérant son respect profond pour l’institution judiciaire.

La Société civile dénonce un «harcèlement»

Cette nouvelle affaire a immédiatement fait réagir les défenseurs des libertés. Le Forum du justiciable, dans un communiqué musclé daté du 4 mai 2026, a fustigé une pratique jugée liberticide. «Lorsqu’un journaliste est pris pour cible de manière répétée, c’est le droit de chaque citoyen à être informé qui est attaqué. Le harceler, c’est chercher à museler une voix qui dérange», martèle l’organisation. Le Forum rappelle que cette situation intervient dans un contexte de recul du Sénégal dans le classement mondial de Re­porters sans frontières (Rsf) 2026, dénonçant une spirale d’intimidations au lendemain de la Journée mondiale de la presse.

Pour Moundiaye Cissé, figure de la Société civile, la coupe est pleine. Selon lui, rien ne justifie que l’on convoque d’honnêtes citoyens «pour un oui ou pour un non». Il appelle les autorités à mettre fin à ces méthodes et à libérer les personnes injustement privées de liberté, soulignant l’usage croissant de mesures de contrainte comme les bracelets électroniques. «Rien ne justifie la convocation de Pape Ngagne Ndiaye. Pour un oui ou pour un non, d’honnêtes citoyens sont convoqués ; d’autres vivent déjà sous contrainte, comme assignés, à travers des bracelets électroniques. Il est temps de libérer toutes les personnes injustement privées de liberté et de mettre fin à ces convocations récurrentes et intimidantes», dit le patron de l’Ong 3d.

Alors que le débat sur la liberté d’expression s’enflamme à nouveau, tous les regards sont désormais tournés vers le Commissariat central, où le face-à-face entre Pape Ngagne Ndiaye et les enquêteurs pourrait marquer un nouveau tournant dans les relations entre la presse et le pouvoir.

justin@lequotidien.sn