Après les députés non inscrits, c’est au tour du Groupe Takku Wallu Senegaal de jeter l’éponge sur le terrain judiciaire. Dans un communiqué publié ce 5 mai 2026, la formation dirigée par Aïssata Tall Sall a officialisé sa décision de ne pas porter la modification du Code électoral devant les sept «Sages». Un choix souverain qui intervient après les annonces du chef de l’Etat et qui déplace désormais la confrontation politique du prétoire vers l’Hémicycle.

Contre toute attente, le Groupe parlementaire Takku Wallu Senegaal a annoncé, ce mardi 5 mai 2026, sa décision de ne plus saisir le Conseil constitutionnel d’un recours contre la réforme du Code électoral. Un retrait qui fait écho à celui des députés non inscrits, laissant la majorité face à ses seules responsabilités. L’an­nonce a été officialisée par un communiqué signé de la présidente du groupe, Aïssata Tall Sall. Alors que la modification des articles L.29 et suivants du Code électoral avait suscité une levée de boucliers au sein de l’opposition, le Groupe Takku Wallu Senegal, qui prévoyait initialement d’attaquer la loi pour inconstitutionnalité, a finalement choisi de faire machine arrière.

L’ombre de l’intervention présidentielle

Ce changement de cap stratégique est motivé par l’analyse du climat politique actuel, et plus particulièrement par la récente intervention du président de la République. Ce dernier ayant annoncé des mesures imminentes touchant aux mêmes dispositions législatives, le groupe parlementaire a estimé qu’une saisine judiciaire n’était plus opportune. «Cette position est dictée par une volonté de ne pas interférer dans les tensions internes qui secouent le parti au pouvoir et prendre position dans des querelles partisanes qui se jouent de l’intérêt supérieur du Séné­gal», précise le communiqué.

Un isolement des recours constitutionnels

Ce désistement intervient dans un contexte où le front de contestation juridique semble s’étioler. En effet, il convient de rappeler que les députés non inscrits avaient, eux aussi, pris la décision de ne pas porter l’affaire devant les sept «Sages». Avec le retrait de Takku Wallu Senegaal, l’espoir d’un arbitrage constitutionnel sollicité par l’opposition s’amenuise, laissant le champ libre à l’application de la nouvelle loi.

Pour Takku Wallu Senegal, cette décision est une manière de placer la majorité parlementaire devant «ses propres responsabilités et les conséquences de ses initiatives législatives». Le groupe entend ainsi marquer sa distance vis-à-vis des jeux de pouvoir internes au camp présidentiel, tout en affirmant rester «vigilant sur la préservation de nos acquis démocratiques».

La modification des articles L.29 et suivants du Code électoral est au cœur d’une vive polémique au Sénégal, touchant directement aux conditions d’éligibilité et à l’organisation des scrutins futurs.

Une opposition «constructive» et de «veille»

Malgré ce renoncement au terrain judiciaire, le Groupe Takku Wallu Senegaal assure que son rôle au sein de l’Assemblée nationale reste inchangé. Le communiqué réaffirme un engagement ferme pour une «opposition constructive» et une «veille républicaine». La bataille, semble-t-il, se déplacera désormais du prétoire vers le débat public et le suivi rigoureux des mesures annoncées par l’Exécutif.