Face aux rumeurs alarmistes faisant état d’une présence massive d’aflatoxines dans le riz consommé au Sénégal, le ministère de l’Industrie et du commerce est sorti de son silence. A travers un communiqué rendu public le 24 juillet 2026, les autorités démentent fermement toute contamination généralisée, dénoncent une interprétation erronée des normes sanitaires et réaffirment la conformité du riz commercialisé dans le pays.
Un démenti catégorique face à la psychose : ces derniers jours, plusieurs médias et publications ont relayé des informations inquiétantes suggérant une contamination à grande échelle du riz par les aflatoxines -des substances toxiques produites par des champignons microscopiques. Devant la montée de l’inquiétude chez les consommateurs, le ministère de l’Industrie et du commerce a tenu à apporter un démenti formel. Dans son communiqué officiel, l’autorité ministérielle assure que le riz présent sur le marché ne présente pas de niveau d’aflatoxines hors norme susceptible de mettre en danger la santé des populations.
Pour comprendre l’origine de cette polémique, le ministère pointe du doigt une mauvaise interprétation d’une étude ponctuelle financée par la Fao et pilotée par le Comité national du Codex. Les autorités précisent plusieurs points fondamentaux concernant cette étude, notamment un échantillonnage très limité : l’étude ne portait que sur 200 échantillons prélevés dans trois villes (Dakar, Thiès et Kaolack), principalement auprès de restauratrices. Un panel bien trop restreint pour en tirer des conclusions à l’échelle nationale. Ainsi, le riz local hors de cause : aucun prélèvement n’a été effectué dans les zones de production nationale, notamment dans la vallée du fleuve Sénégal. Les accusations affirmant que 50% du riz local seraient contaminés sont donc jugées sans aucun fondement scientifique ou factuel.
Une confusion sur le référentiel des normes
Le ministère met également en lumière une confusion fondamentale sur les standards sanitaires appliqués. Les défenseurs de la thèse de la contamination se sont appuyés sur le barème très strict de l’Union européenne, qui fixe le seuil maximal d’aflatoxines à $4~\mu\text{g/kg}$. Or, le Sénégal applique la norme internationale officielle du Codex Alimentarius (CXS 193-1995), autorisant jusqu’à 20\ug\kg} pour le riz décortiqué. La valeur maximale mesurée lors de l’étude s’élevant à 18, 6\Ug/kg, le riz analysé reste parfaitement conforme aux exigences et standards internationaux en vigueur.
Le gouvernement rappelle qu’au Sénégal, le risque majeur d’aflatoxine concerne principalement l’arachide et demeure extrêmement rare pour le riz. Cela n’empêche pas un contrôle sanitaire strict : entre janvier et juin 2026, pas moins de 2059 résultats d’analyses ont été traités par la Direction du commerce intérieur via la Division de la consommation et de la sécurité des consommateurs. Ces tests sont réalisés par des établissements nationaux de référence tels que le Lanac, l’Ita, l’Institut Pasteur, l’Esp et le Ceres-Locustox.
Appelant les populations à la sérénité, le ministère de l’Industrie et du commerce réitère son engagement à retirer immédiatement du marché et à sanctionner tout produit qui ne respecterait pas les règles strictes de sécurité sanitaire.
