L’Union démocratique des enseignants du Sénégal (Uden) a ouvert, hier à l’Arène nationale de Pikine, les travaux de son 10e Congrès ordinaire autour d’une question centrale : «Quelle contribution de l’Uden pour l’émergence d’une société éducative ?» Dans une salle acquise à la cause des enseignants, le ton a été donné dès l’entame par le ministre de l’Education nationale, Moustapha Mamba Guirassy, qui assurait la modération. D’emblée, il a appelé à dépasser les postures pour aller vers des solutions concrètes. «Ce congrès doit être un cadre de propositions. L’école sénégalaise ne peut plus attendre», a-t-il lancé, invitant les acteurs à privilégier l’intérêt supérieur du système éducatif.
Face aux attentes pressantes du monde enseignant, le ministre de la Fonction publique et du travail, Olivier Boucal, a tenté de rassurer. Sans occulter les tensions récurrentes, il a mis en avant la volonté de l’Etat de maintenir un climat apaisé. «Le dialogue social reste notre principal outil. Nous devons continuer à nous asseoir autour de la table pour trouver des solutions durables», a-t-il soutenu, tout en réaffirmant l’engagement des autorités sur les questions liées aux carrières et aux conditions de travail.
Mais du côté de l’Uden, le discours se veut plus tranchant. Le Secrétaire général sortant, Abdourahmane Guèye, a dressé un bilan en demi-teinte, entre acquis et frustrations. «Des avancées ont été notées, mais elles restent insuffisantes face aux préoccupations des enseignants», a-t-il martelé. Avant d’ajouter : «La dignité de l’enseignant doit être une priorité réelle, pas seulement un slogan.» Dans un contexte marqué par des revendications persistantes, il a appelé à une mobilisation accrue des enseignants et à une plus grande cohésion syndicale pour peser davantage dans les négociations.
Entre volonté d’apaisement affichée par l’Etat et impatience perceptible dans les rangs syndicaux, ce 10e Congrès de l’Uden s’annonce comme un moment charnière. Les conclusions attendues au terme des travaux pourraient bien redessiner les contours du dialogue entre gouvernement et acteurs de l’éducation.
Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – latifmansaray@lequotidien.sn
