Le système mondial de protection des droits humains est-il en train de s’effondrer ? Alors que les crises se multiplient, Volker Türk réclame 220 milliards de francs Cfa pour l’année 2026. Entre un budget ordinaire amputé et une «crise de liquidités» majeure, l’Onu prévient : sans un sursaut des donateurs, l’humanité risque de perdre son rempart le plus essentiel contre les abus.
Par Justin GOMIS – Les Nations unies sollicitent une contribution d’environ 400 millions de dollars américains (soit près de 220 milliards de francs Cfa) pour soutenir les victimes de crises humanitaires et défendre les libertés fondamentales au cours de l’année 2026. «Nos besoins pour 2026 sont estimés à 400 millions de dollars en contributions volontaires. En cette période critique, ce montant nous permettra de défendre les droits de toutes et tous», a déclaré Volker Türk, le Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme.
Un système de protection fragilisé
Lors de la cérémonie de lancement, M. Türk a mis en garde les dirigeants mondiaux contre la multiplication des crises et des abus. Selon Onu Info, il a prévenu que l’humanité pourrait faire face à «un affaiblissement du système international de protection des droits humains», un dispositif qu’il considère pourtant comme un «soutien essentiel aux victimes». Le Haut-commissaire a déploré la faiblesse de l’investissement mondial dédié à ces activités vitales, rappelant les difficultés financières de l’année précédente : sur un appel de 500 millions de dollars, seuls 260 millions ont été récoltés auprès de 113 partenaires en 2025. Fixé à 246 millions de dollars en 2025, il avait déjà subi une coupe de 54 millions de dollars.
Une crise de liquidités persistante
Pour l’exercice 2026, la tendance à la baisse se confirme en raison de la rareté des ressources. «L’Assemblée générale des Nations unies a validé un budget ordinaire de 224 millions de dollars (environ 120 milliards de francs Cfa), soit une baisse de 10% par rapport à 2025», a précisé M. Türk. Il a également souligné qu’une «incertitude supplémentaire» plane sur les fonds réellement perçus, compte tenu de la crise de liquidités majeure à laquelle l’Onu est actuellement confrontée.
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