Le ministère de l’Education nationale accueille, les 12 et 13 août 2026, un atelier national consacré au diagnostic des dispositifs d’alternatives éducatives et à l’élaboration d’un cadre de référence national. Une rencontre qui vise à mieux structurer ces offres éducatives destinées notamment aux enfants et aux jeunes en marge du système formel.
Par Badé SECK – Comment offrir une seconde chance éducative à ceux qui restent en dehors du système scolaire formel ? La question est au cœur de l’atelier national consacré aux alternatives éducatives, ouvert ce mercredi à Dakar. Pendant deux jours, les acteurs du secteur de l’éducation vont procéder à un état des lieux des dispositifs existants au Sénégal et réfléchir aux moyens de renforcer leur qualité, leur cohérence et leur reconnaissance institutionnelle.
Organisée par la Conférence des ministres de l’Education des Etats et gouvernements de la Francophonie (Confemen), en partenariat avec le ministère de l’Education nationale du Sénégal à travers le Programme d’appui au changement et à la transformation de l’éducation (Pacte), la rencontre bénéficie de l’appui du Programme Partage de connaissances et d’innovations (Kix) Afrique 21.
Autour de la table, le Correspondant national de la Confemen, le Point focal Kix, le directeur en charge des Alternatives éducatives et de l’éducation non formelle, des experts ainsi que des consultants nationaux et internationaux. Tous partagent un même objectif : établir un diagnostic national suffisamment précis pour mieux orienter les politiques publiques en matière d’éducation alternative.
Selon Ndiaga Mayib Diop, attaché de programmes à la Confemen, au Sénégal comme dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, l’accès universel à une éducation de qualité reste confronté à de nombreux défis. Une partie des enfants et des jeunes demeure encore éloignée du système éducatif formel, pour diverses raisons. A cet égard, pour lui, les alternatives éducatives apparaissent ainsi comme une réponse à la nécessité de concilier l’obligation scolaire avec le droit à l’éducation et à la formation tout au long de la vie.
Mais de l’avis de Maïmouna Cissokho Touré, coordonnatrice Gpe Kix Africa 21, ces dispositifs restent confrontés à plusieurs difficultés. Diversité des approches, faible institutionnalisation et insuffisance de la professionnalisation des intervenants sont autant de contraintes qui peuvent affecter la qualité des apprentissages et la reconnaissance de ces offres éducatives. C’est tout l’enjeu de cette rencontre de Dakar. Il s’agit notamment d’identifier les différents acteurs institutionnels et opérationnels, de recenser les dispositifs existants, d’évaluer les besoins en formation des intervenants et de dégager les principaux défis ainsi que les leviers d’amélioration.
Le Sénégal, aux côtés du Bénin et de Djibouti, a sollicité l’appui du Mécanisme d’appui aux pays (Map) de Kix Afrique 21, en concertation avec la Confemen, pour renforcer la qualité et la cohérence des alternatives éducatives. L’atelier constitue ainsi une étape importante dans cette démarche. Les travaux devront aboutir à un document de diagnostic national, à une note de synthèse sur les besoins en formation des intervenants, ainsi qu’aux grandes orientations d’un projet de cadre national de référence.
«C’est une grosse opportunité pour le ministère de l’Education nationale, puisqu’on avait des expériences variées dont l’intervention était assez limitée, sans pouvoir les structurer. Là, on a un cadre extrêmement intéressant de pouvoir formaliser à travers un diagnostic pays, à travers un plan d’action, et se projeter sur des activités terrain, mais surtout de pouvoir développer cette politique-là en rapport avec d’autres pays», a soutenu Cheikhna Lam, directeur de la Planification et de la réforme au ministère de l’Education nationale.
Au-delà du diagnostic, l’ambition est donc de poser les jalons d’une meilleure harmonisation des dispositifs. Une démarche qui devrait contribuer à une plus grande professionnalisation des acteurs et, à terme, à une meilleure reconnaissance des parcours alternatifs.
Pour les acteurs réunis à Dakar, l’enjeu dépasse la seule question de l’organisation des dispositifs. Il s’agit surtout de garantir aux enfants et aux jeunes non scolarisés ou déscolarisés, une véritable possibilité de réintégrer un parcours d’apprentissage adapté, de qualité et reconnu. Une manière de faire de l’alternative éducative non plus une solution par défaut, mais un véritable levier d’inclusion et d’équité dans le système éducatif sénégalais.
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