Dans une lettre d’information transmise le 10 septembre 2026 à la Direction générale de Kosmos Energy Sénégal, trois organisations clés de la Société civile -l’Osidea, l’Ong 3D et le Forum du justiciable- réclament toute la lumière sur les conditions du retrait de la compagnie pétrolière du bloc gazier Yakaar-Teranga. En cause, des contradictions flagrantes entre les déclarations officielles de l’Etat en avril dernier et les récentes révélations du Premier ministre à l’Assemblée nationale portant sur 55 millions de dollars (près de 30 milliards F).
Le dossier du bloc gazier stratégique Yakaar-Teranga prend une tournure éminemment politique et financière. Réunies sous la bannière de la transparence, de la bonne gouvernance et de la redevabilité dans la gestion des ressources naturelles, l’Organisation pour la solidarité et le développement de l’intérêt des citoyens (Osidea, présidée par Cheikh Oumar Sy), l’Ong 3D (dirigée par Moundiaye Cissé) et le Forum du justiciable (mené par Babacar Ba) ont décidé d’interpeller directement le géant pétro-gazier Kosmos Energy. Au cœur de cette démarche citoyenne, figure un grand écart de discours au plus haut sommet de l’Etat qui suscite l’incompréhension des citoyens.
Le 22 avril 2026, les autorités sénégalaises annonçaient en grande pompe la conclusion d’un accord fixant le retrait de Kosmos Energy et la reprise de ses parts dans la licence Yakaar-Teranga par la compagnie nationale Petrosen. A l’époque, le gouvernement assurait que cette transition s’était faite «sans aucune contrepartie financière pour le Sénégal». Or, coup de théâtre le 8 septembre 2026. Lors de sa Déclaration de politique générale devant la Représentation nationale, le Premier ministre Al Amine Lô a évoqué l’existence d’une somme de 55 millions de dollars -soit près de 30 milliards de F- liée à ce dossier et qui aurait dû, selon lui, rentrée dans les caisses de l’Etat du Sénégal.
Questions cash à la direction de Kosmos Energy
Face à ce flou entourant un actif d’une importance stratégique majeure pour l’avenir énergétique du pays, les trois organisations exigent des réponses claires et documentées. Précisant que leur démarche ne constitue en rien une mise en cause de l’entreprise, elles invitent la direction de Kosmos Energy à sortir du silence pour apporter sa version des faits : les conditions du départ ? Qui de l’Etat du Sénégal ou de Kosmos Energy a sollicité le retrait initial ? Quelles autorités ont conduit les négociations et quelles exigences ont été posées ? La nature de l’accord ? Quelle est la portée juridique exacte de l’accord du 22 avril 2026 signé entre Kosmos, Petrosen et l’Etat ? Est-il possible d’en rendre publiques les dispositions financières ? L’énigme des 55 millions de dollars ? A quoi correspond précisément cette somme de 30 milliards de F ? S’agit-il d’une créance, de coûts récupérables, de dépenses engagées ou d’obligations contractuelles ? Ce montant a-t-il fait l’objet de marchandages lors du retrait ?
L’exigence de transparence citoyenne
Pour l’Osidea, l’Ong 3D et le Forum du justiciable, la gestion des ressources gazières et pétrolières ne saurait s’accommoder de zones d’ombre ou de clauses d’opacité. Réclamant la communication de la convention de retrait dans la mesure où le Droit le permet, les acteurs de la Société civile rappellent que le transfert du bloc Yakaar-Teranga à la société nationale Petrosen touche directement à l’intérêt général et exige une information rigoureuse, objective et contradictoire.

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