Malgré le récent «blanchiment» de l’entreprise Softcare par le ministre de la Santé, Ibrahima Sy, la Mission d’information parlementaire refuse de clore le dossier. Dans un communiqué officiel, les députés ont annoncé la poursuite de leurs investigations jusqu’au 5 avril 2026, réaffirmant leur prérogative constitutionnelle de contrôle de l’action gouvernementale.
Le feuilleton des produits de la marque Softcare prend une tournure de duel institutionnel. Alors que l’opinion publique s’attendait à un dénouement après l’intervention de l’Exécutif, le Parlement sénégalais a décidé de jouer sa propre partition. Et le Parlement maintient la pression : vendredi, la Mission d’information parlementaire, présidée par l’honorable Khady Sarr, a clairement signifié que les conclusions du comité ad hoc mis en place par le gouvernement ne marquaient pas la fin de ses investigations. «Indépendamment des communications intervenues récemment dans l’espace public […] nos travaux se poursuivent dans le cadre des prérogatives de contrôle attribuées à l’Assemblée nationale», précise le communiqué. Pour les parlementaires, il ne s’agit pas d’une simple vérification technique, mais d’un exercice de souveraineté législative.
Un décalage avec les conclusions du ministre
Cette décision intervient moins de 24 heures après la sortie médiatique du ministre de la Santé et de l’hygiène publique. Jeudi, Ibrahima Sy s’était voulu rassurant, affirmant que les matières premières utilisées pour les couches et les serviettes hygiéniques ne présentaient aucun danger. Selon lui, le risque sanitaire n’avait pas été identifié par des «arguments tangibles». Pourtant, la Mission parlementaire ne semble pas s’en satisfaire. Elle entend poursuivre ses propres auditions et l’analyse minutieuse des documents techniques et administratifs. L’objectif est clair : établir une chronologie rigoureuse des faits et vérifier la traçabilité des constats, ainsi que les éventuelles responsabilités administratives.
Vers un débat public en séance plénière
Preuve de l’importance accordée à ce dossier, le Bureau de l’Assemblée nationale a officiellement prorogé le mandat de la mission jusqu’au 5 avril 2026. Ce délai supplémentaire doit permettre de consolider les pièces du dossier avec la «rigueur requise». La mission a d’ores et déjà annoncé la couleur pour la suite : dépôt d’un rapport final à l’issue des investigations, débat en séance plénière, conformément aux principes de transparence et de redevabilité, et appel à la coopération de toutes les administrations et des opérateurs concernés.
En réaffirmant son attachement à l’impartialité et à l’intérêt supérieur de la santé publique, l’Assemblée nationale place la barre haut. Le rapport final, attendu début avril, s’annonce d’ores et déjà comme un moment de vérité pour la confiance des consommateurs sénégalais.
