A l’occasion des 100 ans de l’ancien Président Abdoulaye Wade, Mbackiyou Faye, représentant du Khalife général des Mourides, a salué le parcours exceptionnel d’un homme d’Etat resté un disciple fervent. Entre combats démocratiques et réalisations majeures pour la cité religieuse, retour sur un siècle d’empreinte indélébile.
Devant un parterre de dignitaires religieux et politiques, Mbackiyou Faye, représentant du Khalife général des Mourides à Dakar, a ouvert la célébration avec émotion : «Aujourd’hui, le temps s’arrête pour saluer un siècle. Cent ans, ce n’est pas seulement un âge, c’est une œuvre.» Le représentant du khalife a d’abord rappelé la trajectoire politique de l’opposant historique, soulignant ses 26 ans de patience et d’audace avant d’incarner la première alternance démocratique du Sénégal en 2000.
Une relation «pesée à la balance des âmes»
Au-delà de la politique, c’est l’attachement viscéral de Abdoulaye Wade au Mouridisme qui a été magnifié. Dès 1966, l’économiste y consacrait sa thèse, théorisant la valeur du travail qui deviendra plus tard son célèbre slogan : «Travailler, encore travailler, beaucoup travailler, toujours travailler.» Marquant les esprits dès son élection en 2000, le Président Wade avait rompu le protocole républicain pour s’agenouiller devant son guide spirituel, Serigne Saliou Mbacké.
Le discours a mis en lumière le bilan matériel considérable de l’ancien chef de l’Etat en faveur de la communauté : l’extension du domaine officiel de Touba à 30 000 hectares en 2002, des investissements massifs dans l’assainissement, les routes, et la genèse du projet de l’autoroute Ila Touba et l’octroi déterminant du terrain de 6 hectares à Dakar pour l’édification de la Grande Mosquée Massalikoul Djinane. En rappelant les mots du khalife Serigne Mountakha Mbacké à l’adresse de Wade en 2019 -«Nous n’oublierons jamais ce que vous avez fait pour le Mouridisme»-, Mbackiyou Faye a salué un bâtisseur de ponts entre le temporel et le spirituel.
La cérémonie s’est conclue par des prières pour la santé du centenaire, affectueusement rebaptisé le «papy du Sénégal».
