Déplorant que le Pacte national de stabilité sociale n’ait pas pu mettre fin aux tensions entre les partenaires sociaux, notamment l’Etat et les travailleurs, les organisations patronales, en concertation hier, continuent d’appeler les différentes parties au dialogue pour préserver les acquis. Et appellent l’Etat à prendre en compte les préoccupations des employeurs.
Par M. G – Au moment où une grève générale se profile dangereusement à l’horizon, le patronat a tenu à faire part de ses craintes, tout en réitérant les engagements pris par les différentes parties lors des rencontres de concertation pour la mise en œuvre du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable (Pnss-Cid). Ainsi, les organisations d’employeurs, qui d’ailleurs étaient en concertation hier au siège de la Cnes, ont déploré que leurs principales attentes, qui correspondent pourtant à des engagements fermes du gouvernement, ne soient pas satisfaites ou le soient de manière insuffisante.
Les chefs d’entreprise expliquent cette situation par le fait que le pacte, tant dans son élaboration que dans sa mise en œuvre, «s’apparente essentiellement à un cahier de doléances des centrales syndicales de travailleurs avec des engagements du gouvernement pour y répondre, au détriment des préoccupations du patronat».
Les attentes prioritaires des employeurs sont mises en pause, notamment la question lancinante de l’apurement des arriérés dus aux entreprises des secteurs des Bâtiments et travaux Publics (Btp) et de l’énergie, ainsi que l’implication dans les réformes fiscales (révision du Cgi). Concernant les arriérés de paiement, les entreprises reconnaissent que des efforts ont été faits dans le bon sens, mais ils restent toujours largement en-deçà des attentes des concernés.
Le Code du travail et des inquiétudes
L’autre point d’inquiétude quant aux distorsions des résultats est le Code du travail et le Code de la sécurité sociale. Le patronat a relevé que contrairement aux assurances données en juillet 2026 par le gouvernement, selon lesquelles «les modifications relevées procèdent essentiellement d’un travail d’harmonisation juridique et de mise en cohérence rédactionnelle, sans remettre en cause les équilibres issus des concertations tripartites», des modifications majeures ont été apportées par le gouvernement sans l’avis des partenaires sociaux.
Il s’agit notamment de la durée du congé de maternité, qui n’avait pas été négocié tel qu’il apparaît dans le texte final.
Or, dans le même temps, certaines préoccupations clés des employeurs n’ont pas été prises en compte, telles que le plafonnement des dommages-intérêts en cas de licenciements considérés comme abusifs par le juge social.
Pour la préoccupation de l’heure, à savoir la menace de la grève générale, le patronat appelle les différentes parties, notamment les syndicats et le gouvernement, à renforcer le dialogue, afin de consolider les acquis obtenus depuis la mise en place du Pacte national du dialogue social.
mgueye@lequotidien.sn

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