Lorsqu’on observe la situation sociale et politique au Sénégal, l’on est tenté de se poser cette question. Mais qui allume les différents foyers de tension à travers le pays ?

Dans le monde rural, au mois de janvier, les producteurs d’arachide dans le bassin arachidier, mais aussi ceux du riz dans la vallée du fleuve Séné­gal. En ville, les travailleurs de la santé et du corps médical sont aussi en mouvement d’humeur, alors que d’autres dans l’Administration revendique des indemnités de logement. Il y a eu l’intermède de la Coupe d’Afrique que le Sénégal a gagnée avec brio ; mais la tache noire reste l’arrestation de 18 supporters qui sont encore en prison au Maroc.

Ces derniers jours, qui a ordonné la fermeture des restaurants universitaires provocant un mouvement de grève sur les différents campus comme Dakar et St Louis ? Les tensions sont vives dans différents secteurs. Et comme si cela ne suffisait pas, l’on annonce que la Daf a été victime de piratage après celui qui a été annoncé à la Direction des impôts. Le piratage de nos données personnelles dans un contexte de guerre asymétrique et de lutte acharnée contre la mobilité à travers l’agenda de la migration dite irrégulière. Toutes ces tensions ici et là méritent une attention particulière et un traitement politique adéquat. Si la situation dans les universités persiste juste pour des questions de bourses et de restauration, les risques d’une année blanche sont réels. La persistance des mouvements de grève pourrait renforcer le malaise social avec la situation économique très difficile. Au vu de tout cela, nous pensons qu’il urge de :

Négocier avec le mouvement étudiant afin de trouver une solution durable à cette crise universitaire et amoindrir les risques d’une année blanche.

Trouver une solution au cas des supporters sénégalais détenus injustement au Maroc en utilisant tous les atouts et arguments juridiques, diplomatiques, et relationnels d’autant plus que ce qui s’est à la finale devrait rester dans le cadre de l’émotion du football.

Apaiser le climat social et accentuer les négociations avec les organisations sociales et syndicales qui ont des revendications depuis un moment.

Sur les modifications constitutionnelles annoncées, il est bon de baser tout le processus de ces modifications sur une démarche de concertation qui favorise l’inclusion, la participation et l’implication de toutes les forces afin d’en arriver à des conclusions qui engageront toutes les parties prenantes, notamment dans le landerneau politique.

Travailler à instaurer un consensus fort sur les questions essentielles qui relèvent de l’intérêt de la Nation, et de la consolidation de la démocratie et de toutes les institutions.

Sur la situation de la géopolitique tendue de la sous-région avec l’avancée des groupes armés, mais aussi la situation interne de nos voisins, (Guinée-Bissau avec le récent coup d’Etat et la Gambie qui prépare des élections), le Sénégal a des responsabilités diplomatiques et des rôles de premier plan à jouer, mais aussi dans les différends entre la Cedeao et les Etats de l’Alliance du Sahel. De tels rôles ne peuvent être bien joués par le Sénégal sans une situation interne qui reflète un consensus sur les questions centrales.

C’est là quelques idées d’un cito­yen, médiateur social et culturel

Coordonnateur du Forum social sénégalais

Mamadou DIOUF- MIGNANE