L’Association des communicateurs et journalistes en pêche (Acprcg) a profité de la séance de lutte traditionnelle qu’elle a organisée, le week-end dernier à Ngaparou, pour plaider l’interdiction du chalutage de fond et une meilleure inclusion des radios communautaires dans la gouvernance maritime.

Par Alioune Badara CISS (Correspondant) – Le sable de Ngaparou a vibré, dimanche, au rythme des tambours. L’Association des communicateurs et journalistes en pêche des radios communautaires et généralistes du Sénégal (Acprcg) y a organisé une séance de lutte traditionnelle. En collaboration avec la coalition internationale Transform bottom trawling (Tbt) et l’Ong Blue ventures, l’Acprcg a placé la protection de la biodiversité au cœur de cet événement sportif. Le combat est clair, c’est obtenir l’interdiction du chalutage de fond, une pratique jugée dévastatrice pour les fonds marins. «Le secteur traverse une période critique», a rappelé Omar Diaw, président de l’Acprcg.

Entre la surexploitation des ressources, la pêche illicite (Inn) et l’insécurité des acteurs artisanaux, l’association exige des mesures radicales, notamment le respect de l’engagement de repousser les bateaux industriels de 6 à 12 miles des côtes.

Pour l’Acprcg, la crise halieutique ne pourra être résolue sans une communication adaptée. Le mémorandum remis à Madame la ministre souligne que les radios communautaires sont les seuls vecteurs capables de toucher réellement les pêcheurs sur le terrain.

Ainsi, l’association préconise sept recommandations-clés, parmi lesquelles, précise Omar Diaw, le président de l’association, «l’intégration formelle des radios communautaires dans les stratégies de communication de l’Etat ; le renforcement des capacités des journalistes sur les enjeux de la pêche durable ; le soutien aux campagnes en langues nationales, plus proches des réalités locales».

Au-delà de l’aspect technique, l’Acprcg se positionne comme un médiateur essentiel pour prévenir les conflits d’usage en mer et promouvoir une cohésion sociale entre les différents acteurs. En utilisant la lutte traditionnelle comme canal de sensibilisation, les journalistes prouvent que la culture peut être un moteur puissant de changement pour la préservation des ressources au profit des générations futures.

Fondée en 2020, l’Asso­ciation des communicateurs et journalistes en pêche regroupe des professionnels des médias spécialisés du Sénégal. Elle œuvre pour une information de proximité juste, accessible aux communautés côtières et aux acteurs institutionnels.

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