La Banque mondiale s’apprête à réorienter son soutien au Sénégal. Stabilité économique et création d’emplois seront les priorités. Trois à quatre opérations sont visées sur quatre ans. Le gouvernement n’a pas encore été officiellement saisi.
Par Malick GAYE – Le Groupe de la Banque mondiale va changer sa stratégie de financement du Sénégal. Pour les 4 prochaines années, l’accent va être mis sur la stabilité économique et la création d’emplois. Ainsi, 3 à 4 opérations sont visées. Si pour l’heure, le gouvernement n’a pas été officiellement saisi pour l’informer, cela ne saurait tarder. Le Groupe de la Banque mondiale fonde sa stratégie sur un constat : chaque année, 400 mille demandeurs d’emplois sont enregistrés dans le pays, alors que le Sénégal ne compte de 400 mille emplois formels.
C’est ce qu’a révélé une source bien informée hier, lors d’un atelier de formation pour les journalistes. Organisé à Dakar par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) et le Groupe de la Banque mondiale, cet atelier réunit des membres du Collectif des journalistes économiques du Sénégal (Cojes) et de la Convention des jeunes reporters du Sénégal (Cjrs). Il vise à renforcer leurs capacités dans le traitement des données statistiques.Pour le président du Cojes, Dialigué Faye, le métier a changé. «Informer aujourd’hui, c’est savoir accéder à la donnée, la décrypter et la restituer intelligemment», a-t-il soutenu. Il a déploré «une forme de barrière culturelle» entre le monde de la statistique et celui des médias, estimant que «former les journalistes aux statistiques est donc devenu une nécessité».
Le président de la Cjrs, Mamadou Diagne, a rappelé la formule anglaise «numbers speak louder than words» (les chiffres parlent plus fort que les mots), avant d’ajouter : «Il faut savoir les exploiter.» Selon lui, «le produit brut peut venir de l’Ansd, mais c’est à nous de le traiter et de le rendre accessible, digeste et compréhensible pour la population». Il a aussi plaidé pour la visualisation des données et demandé aux producteurs de statistiques de les rendre «accessibles et très disponibles».
Le Représentant-résident de la Banque mondiale, Djibril Issa, a invité les journalistes à ne pas s’en tenir aux chiffres bruts. «Les données peuvent être abstraites. Qu’est-ce que vous en extrayez pour informer le grand public?», a-t-il demandé, souhaitant qu’ils questionnent l’institution sur la réalité de ses programmes. Il a par ailleurs qualifié l’Ansd d’institution «que nous regardons toujours» pour la production de statistiques.
mgaye@lequotidien.sn

Commentaires (0)
Soyez le premier à réagir.
Se connecter pour commenter