Le bras de fer est engagé entre le gouvernement et les partenaires sociaux. Face à ce qu’il qualifie de «passage en force» sur les réformes des codes du Travail et de la Sécurité sociale, le Front syndical pour la défense du travail (Fsdt) tape du poing sur la table. Réunis ce samedi à la Cnts, les leaders syndicaux ont dénoncé l’absence de dialogue inclusif et menacent de paralyser le pays avec une grève générale de 24 heures prévue le 10 juillet.
Le Front syndical pour la défense du travail (Fsdt) est monté au créneau, ce samedi au siège de la Cnts, pour dénoncer ce qu’il qualifie de «passage en force» du gouvernement dans le processus d’adoption des nouveaux projets de Code du travail et de Code de la sécurité sociale. Face à la presse, les responsables syndicaux ont accusé les autorités d’avoir engagé l’examen des textes à l’Assemblée nationale sans concertation «sincère, transparente et inclusive» avec les partenaires sociaux, en totale contradiction avec les engagements pris dans le cadre du Pacte national de stabilité sociale.
Prenant la parole au nom du Front, le Secrétaire général de la Cnts, Mody Guiro, a estimé que cette démarche constitue une violation flagrante des principes du dialogue social, ainsi que des engagements internationaux du Sénégal. Les syndicats fustigent notamment les nouvelles dispositions relatives au Contrat à durée déterminée (Cdd) dont la durée totale cumulée pourrait être portée de deux à quatre ans, renouvelable trois fois. Selon le Fsdt, une telle réforme risque d’accentuer la précarité de l’emploi, d’affaiblir la représentation syndicale et de balayer plusieurs acquis obtenus de haute lutte.
En guise de riposte, le Fsdt a annoncé la tenue d’une Assemblée générale des travailleurs le 3 juillet à la Bourse du travail de Keur Madia. Cette rencontre aura pour but de fixer les modalités d’une mobilisation nationale, laquelle pourrait déboucher sur un mot d’ordre de grève générale de 24 heures le 10 juillet. Les organisations syndicales appellent l’ensemble des travailleurs, des retraités et des forces sociales à se mobiliser massivement pour défendre des droits fondamentaux aujourd’hui directement menacés.
