En marge des journées de commémoration de l’abolition de l’esclavage à Gorée, en présence de Raphaël Varane, le président de la Fédération sénégalaise de football a salué la cohérence de la liste des 28 Lions retenus pour la Coupe du monde. Galvanisé par les souvenirs de 2002, il affiche une confiance totale avant le choc tant attendu contre les Bleus.

Par Amadou MBODJI – Le rendez-vous est pris pour le 16 juin. Ce jour-là, les Lions de la Teranga feront leur entrée en lice dans la Coupe du monde 2026 (co-organisée par les Etats-Unis, le Canada et le Mexique) face à l’Equipe de France. Un duel au sommet qui rappelle forcément d’immenses souvenirs au football national. «On a rendez-vous le 16. Un rendez-vous qui sera aussi célèbre que celui de 2002», a lancé, avec un brin de malice, Me Augustin Senghor. L’ex-président de la Fédération sénégalaise de football (Fsf) s’exprimait ce vendredi à Gorée dont il est le maire, lors des activités commémoratives autour du retour aux sources et de la mémoire de l’esclavage, organisées avec une délégation martiniquaise.

Parmi les invités de marque, figurait l’ancien international français Raphaël Varane, retraité des terrains depuis septembre 2024. Présent lors d’un panel sur l’île mémoire, l’ancien défenseur du Real Madrid s’est fait gentiment taquiner par l’ancien patron du football sénégalais au sujet du choc à venir dans le Groupe I. «Oui, j’ai pu titiller Varane sur ce match Sénégal-France», sourit le maire de Gorée, particulièrement optimiste quant aux chances des partenaires de Sadio Mané de rééditer l’exploit de la bande à El Hadji Diouf et… Pape Thiaw en 2002. «Nous avons les moyens de battre la France, comme nous l’avons déjà fait dans le passé», a-t-il affirmé, tout en appelant au respect des Bleus, qu’il qualifie de «grande Nation de football». Pour lui, le statut des Lions a changé : «Aujourd’hui, la force du Sénégal, c’est que nous pouvons regarder n’importe quel adversaire droit dans les yeux.»

La carte de la stabilité et de la transmission

Me Augustin Senghor a profité de l’occasion pour commenter la liste des 28 joueurs publiée par le sélectionneur national Pape Thiaw. Une liste qu’il a suivie de près depuis Gorée et qu’il juge particulièrement «cohérente» et équilibrée. «Aujourd’hui, Pape est dans une logique de stabilité et de continuité. En sport, on dit qu’on ne change pas une équipe qui gagne. Fonda­menta­lement, il s’est basé sur des acquis solides. Nous avons un coach qui connaît parfaitement le groupe pour l’avoir côtoyé avant d’en devenir le sélectionneur. Ce groupe est assez étoffé et représentatif de ce que nous souhaitons : performant au présent, mais portant aussi les germes d’une équipe compétitive pour le futur avec tous ces jeunes qui montent.»

Selon le président de la Fsf, la clé du succès réside dans cette transition harmonieuse entre cadres expérimentés et binationaux ou jeunes talents. Après la publication de la liste, Me Senghor a d’ailleurs envoyé un message de soutien au sélectionneur : «Nous avons foi en cette équipe et le Sénégal brillera à ce Mondial, si Dieu le veut.»

Au-delà du sport, le symbole

Toujours au sujet de ce face-à-face crucial avec la France, Me Senghor a insisté sur la portée mémorielle et humaine d’une telle affiche. «Les relations entre la France et le Sénégal sont tellement fortes que chaque rencontre porte une charge émotionnelle particulière», a-t-il rappelé.

Pour lui, le football transcende le rectangle vert pour devenir un symbole des liens étroits entre l’Afrique et sa diaspora, matérialisé par les trajectoires croisées des joueurs des deux sélections. «C’est cela qui fera la force de l’Afrique de demain : le sport, la culture, l’éducation, la science. Nous voulons être non seulement les témoins d’un passé douloureux, mais aussi les annonciateurs d’un avenir meilleur pour le Peuple africain», a-t-il conclu.

Pour rappel, le Sénégal évoluera dans le Groupe I de ce Mondial à 48 équipes (11 juin-19 juillet). Outre la France, les Lions affronteront la Norvège et l’Irak.

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