Face à la presse hier, le tout nouveau ministre des Mines et de la géologie, Cheikh Oumar Seck, a décliné les grands projets de son département.
Par Alioune Badara NDIAYE (Correspondant) – De Diouf à Wade en passant par Sall, l’exploitation du fer de la Falémé a toujours été un vœu non suivi d’effets lors de leurs passages respectifs à la tête du pays. Elle devrait devenir une réalité sous le magistère de Bassirou Diomaye Faye, a indiqué lundi Cheikh Oumar Seck, ministre des Mines et de la géologie. «On a parlé du projet du fer de la Falémé depuis des décennies, aujourd’hui on a des ressources de rang mondial qui sont importantes et jusqu’au moment où on parle, on n’a pas encore commencé l’exploitation. Aujourd’hui l’Etat, avec la conjonction de facteurs favorables, décide d’aller de l’avant : nous allons vers l’exploitation du fer de la Falémé», a-t-il fait savoir. M. Seck s’est exprimé lors d’une séance à son bureau, à Diamniadio, avec la presse pour revenir les axes prioritaires du programme qu’il compte dérouler à la tête du ministère après sa nomination au mois de juin. Cette perspective heureuse découle, selon son propos, d’occurrences structurelles tendant à surmonter les défis logistiques et énergétiques qui entravaient la matérialisation de ce projet. «Il y a les Chemins de fer du Sénégal (Cfs) qui sont en train de rétablir la ligne Dakar-Tambacounda (devant être accompagné de la ligne Tamba-Kédougou sur 250 km), il y a des projets, sous l’égide de l’Omvs (Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal), qui utilisent l’hydro-électrique comme énergie, qui peuvent nous aider», a-t-il mis en avant, assurant que l’objectif est de passer à la mise sur place d’industrie sidérurgique et non pas d’exploiter et d’exporter à l’état brut. «L’idée c’est d’avoir une industrie de transformation du fer à l’acier dans un espace temporel court», a fait comprendre M. Seck. C’est cette doctrine qui va être de mise pour les autres ressources minières, a-t-il insisté, rappelant que le tout en amont, à savoir produire et exporter à l’état brut ne cadre plus avec les orientations de l’actuel gouvernement qui veut travailler pour la souveraineté. Il a, à ce titre, évoqué le phosphate avec des estimations de 130 millions de tonnes vers Matam. «Dans notre exploitation du phosphate, nous ne sommes plus intéressés par l’amont. Ce que nous voulons, c’est la transformation du phosphate pour pouvoir subvenir aux besoins de l’agriculture, la souveraineté alimentaire et être un grenier pour l’Afrique, afin d’aider les pays qui n’en disposent pas», a-t-il relevé. Concernant l’or dont la production tourne autour de 40 tonnes, l’Etat ambitionne, selon M. Seck, de disposer de sa propre raffinerie, de son comptoir ainsi que de l’ouverture de l’école de bijouterie. «L’objectif principal est la transformation et la valorisation de nos ressources», dit le ministre, évoquant dans cette logique une montée en puissance de la Société des mines du Sénégal (Somisen) pour disposer de ses propres titres et aussi le concours de la Caisse des dépôts et consignations pour un meilleur accompagnement et une présence plus affirmée du privé national dans le secteur. «Il y a un projet dont les promoteurs sont sénégalais ayant un certain nombre de permis. L’idée c’est de regrouper tous ces permis et en faire un bloc important, avec l’appui de l’Etat, pour permettre au privé national, qui n’est pas dans les grands projets miniers, de prendre une part importante dans le secteur», a-t-il souligné, évoquant aussi la finalisation de deux projets aurifères majeurs ainsi que la relance imminente du projet Mako. «Notre objectif est de faire du secteur des mines un moteur de croissance et d’industrialisation», a affirmé l’expert en fiscalité minière, audit et gouvernance des industries extractives.
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