«Oser l’Avenir», comme disait l’autre, c’est savoir avoir le courage de reconnaître les erreurs du passé, pour mieux avancer.
A travers la Coupe d’Afrique, surtout au regard de l’euphorie qu’elle engendre, l’on se rend compte que les Africains ont des difficultés à sérieusement penser.
A mon avis, la Coupe d’Afrique nous divertit plus qu’elle nous sert.
En réalité, même si les Sénégalais feignent de l’ignorer, le football et le sport en général nous coûtent excessivement cher, pour une valeur ajoutée quasi nulle.
La Coupe d’Afrique n’est rien d’autre qu’une illusion de progrès économique et social.
Le Cameroun n’est-il pas cinq fois détenteur de cette coupe qui fait le plus courir les Africains ? A mon humble avis, l’urgence, face à la crise multiforme que vit notre pays, est d’être plus exigeant à l’égard de nos gouvernants qui nous coûtent déjà trop cher. Pour plus de sincérité citoyenne, nous devons exiger la compétence à notre Administration qui devrait nous garantir l’exemplarité en tout.
Nos dirigeants se doivent d’être aussi compétents et compétiteurs que nos compatriotes qui nous ont gratifiés de ce trophée continental.
En effet, l’exigence citoyenne est de voir notre Etat nous inventer une véritable industrie du sport à l’instar des pays occidentaux qui nous renforcent la qualité de nos joueurs, aujourd’hui stars mondiales.
Le vrai progrès de notre football et son apport au niveau mondial doivent être plutôt reflétés par la performance de nos clubs nationaux. C’est ce qui doit être l’ambition réelle de nos dirigeants. Il faut avoir le courage de reconnaître que notre équipe dite nationale est plutôt composée par des joueurs formés ou performés par le championnat européen, créateur de valeur ajoutée significative. La valeur de notre football et de notre sport en général doit être un baromètre de la qualité, en termes de compétence, de créativité et d’innovation, de nos dirigeants relativement au progrès endogène de notre pays. A l’instar de nos footballeurs compétiteurs, notre personnel politique doit être choisi parmi les meilleurs des Sénégalais dans tous les domaines.
Loin d’être élitiste, notre conviction est qu’à l’instar de tout sport de compétition, la politique doit être une affaire de notre élite nationale.
Il est donc plus qu’urgent de repenser nos partis politiques (de légiférer en revoyant leur mode de création, de les réduire au minimum utile), pour en faire des cadres d’apprentissage de la vraie démocratie (comprise comme dictature d’une législation repensée à l’image de nous-mêmes, de notre foi religieuse), permettant de pouvoir sélectionner par un système d’élimination interne au parti politique, nos cadres les plus compétents, qui doivent avoir toutes les capacités pour diriger notre pays dans la noblesse que requiert la République au sens du partage transparent de notre bien commun, le Sénégal. Les Usa, qui ne comptent que deux partis politiques, pourraient bien nous inspirer. La compétition pour le sacre continental ou mondial doit être étendue, au-delà du football, à tous les domaines qui rythment notre vie ; les vertus en premier.
Abdourahmane SY
Thiès
boumalick1@yahoo.fr
