Monsieur le Président,

Permettez qu’un citoyen sénégalais, profondément attaché aux valeurs de paix, de respect des institutions et de cohésion nationale, s’adresse à vous avec franchise et responsabilité.

Depuis votre accession à la Magistrature suprême, beaucoup de Sénégalais ont placé en vous l’espoir d’un Etat réconcilié, fort de ses institutions et respectueux de ses repères historiques et spirituels. C’est précisément au nom de cet espoir que je me donne la licence d’attirer votre attention sur plusieurs préoccupations majeures.

Tout d’abord, Monsieur le Président, je souhaite respectueusement vous demander d’intervenir afin que cessent immédiatement les attaques politiques répétées de responsables et militants du parti Pastef contre les chefs religieux de notre pays, même si dans les déclarations de certains d’entre eux, il y a des choses à revoir. Les guides religieux ont toujours joué un rôle fondamental dans la stabilité du Sénégal, la préservation de la paix sociale et l’encadrement moral des populations. Les exposer à des attaques partisanes fragilise inutilement le vivre-ensemble et porte atteinte à un héritage que tous les régimes successifs ont su préserver.

Ensuite, Monsieur le Président, je souhaite que vous exigiez de votre Premier ministre un respect strict des institutions de la République. Enfin ! En sa qualité de chef de l’Administration, il lui revient d’incarner la retenue, la mesure et la responsabilité républicaine. Déclarer, depuis l’étranger, que «la Justice a détruit le Sénégal» est une affirmation grave, qui affaiblit l’image de notre pays et sape la confiance des citoyens dans une institution fondamentale de l’Etat. Encore que les valeureux magistrats qu’il vise sont astreints par le devoir de réserve au regard de la sensibilité de leur travail. De tels propos ne sauraient engager la République sans conséquences.

Enfin, Monsieur le Président, permettez-moi de vous suggérer de procéder à de profonds réaménagements au sein de l’Administration. Pour restaurer la discipline, stimuler l’émulation et donc donner l’exemple et avertir les malintentionnés. De nombreuses attaques publiques visant votre autorité émanent aujourd’hui de directeurs généraux pourtant nommés par décret présidentiel. Lorsqu’un collaborateur ne respecte plus la ligne de l’Etat, ni la loyauté due à l’autorité qui l’a nommé, il devient légitime de s’interroger sur le maintien de sa confiance.

Gouverner, c’est aussi savoir réaffirmer l’autorité de l’Etat et la cohérence de l’action publi­que.

Monsieur le président de la République, cette démarche se veut constructive, respectueuse et guidée uniquement par l’intérêt supérieur de la Nation. Le Sénégal a besoin d’apaisement, de respect mutuel et d’institutions fortes pour faire face aux défis à venir.

Je vous prie d’agréer, Son Excellence Monsieur le président de la République, l’expression de ma très haute considération.

Mamadou Biguine GUEYE

Journaliste

Citoyen sénégalais