Au Sénégal, le sujet a longtemps été tabou, confiné dans le secret des conseils d’administration. Pourtant, sous la pression des règles de l’Ohada et d’une demande croissante de redevabilité de la part des citoyens, le voile se lève progressivement. On découvre des packages salariaux qui, s’ils peuvent paraître vertigineux pour le commun des mortels, soulèvent de véritables enjeux de gouvernance. Dans un pays où le salaire minimum peine à garantir une vie décente à des millions de foyers, l’étalage de rémunérations dépassant plusieurs dizaines de millions de F par an interroge. La question n’est pas tant le montant brut que la corrélation avec la performance. Un «top management» grassement payé alors que l’entreprise affiche des capitaux propres négatifs ou des services défaillants devient, aux yeux de l’opinion, une anomalie éthique.

Par Sucré-Salé