Le ministre des Infrastructures, Déthié Fall, a effectué une visite surprise dans la région de Kolda ce week-end. Entre chantiers à l’arrêt et colère sourde des populations, le ministre a choisi la discrétion absolue pour constater l’état d’avancement de projets qui s’éternisent.
Par Aladji BADJILANG – La «Boucle du Fouladou» est un calvaire qui n’en finit plus. Le périple ministériel de Déthié Fall a débuté dans le département de Médina Yoro Foulah, où les travaux de la «Boucle du Fouladou» avancent à pas de caméléon. Lancé sous l’ancien régime, ce projet d’envergure peine à voir le bout du tunnel, au grand dam des habitants de cette zone enclavée. Sur place, la situation est critique : la mobilité est devenue un parcours du combattant. Les pistes dégradées, particulièrement impraticables en hivernage, multiplient les accidents. Le récent décès de M. Cissé, un jeune professeur au lycée de Ndorna, a été la «goutte d’eau de trop» pour une population excédée. C’est sans doute pour éviter de faire face aux brassards et foulards rouges que le ministre a opté pour une visite dominicale sans annonce préalable, prenant de court les manifestants potentiels.
L’Université de Kolda : un «champ de patates» désert
Après Médina Yoro Foulah, la délégation ministérielle s’est rendue sur le site du centre universitaire délocalisé de l’Université Assane Seck de Ziguinchor (Uasz). Là encore, la surprise a porté ses fruits : un chantier fantôme que le ministre a trouvé, un site quasi désert. Les quelques ouvriers présents semblaient s’adonner à du bricolage plutôt qu’à une construction d’envergure. Entamé en 2015, le chantier ressemble aujourd’hui à un terrain vague où les animaux ont élu domicile.
Une stratégie de communication verrouillée
Ni les étudiants, ni les populations, ni même les militants locaux de Pastef n’avaient été informés de ce déplacement. Selon une source sécuritaire, ce manque de communication était délibéré : l’objectif était de prévenir toute manifestation de colère contre l’autorité. La Gouvernance de Kolda est restée silencieuse, permettant à Déthié Fall de traverser le Fouladou «sans tambour ni trompette», laissant derrière lui des chantiers toujours en souffrance et une population qui attend des actes concrets plutôt que des visites furtives.
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