Trois des supporters sénégalais condamnés après les incidents de la finale de la Can 2025 à Rabat, vont rentrer au pays ce jeudi, après avoir purgé leur peine de trois mois. Un retour attendu qui soulage leurs familles, mais qui tranche douloureusement avec le sort des autres détenus, condamnés à des peines plus lourdes et toujours incarcérés sur le sol marocain, malgré les efforts diplomatiques de Dakar.
Par Malick GAYE – Il y a un soulagement, certes, mais il est incomplet. Abdoulaye Dieng, Ibrahima Diop et Aziz Wade, trois des supporters sénégalais emprisonnés au Maroc à la suite des incidents qui ont émaillé la finale de la Coupe d’Afrique des nations (Can) 2025, s’apprêtent à fouler le sol dakarois jeudi prochain. Sortis de prison depuis le 18 avril dernier, après avoir purgé leur peine, le trio est toujours dans la capitale marocaine.
Leurs familles, longtemps dans l’angoisse, peuvent enfin souffler.
Mais la joie reste mesurée. D’autres supporters sénégalais demeurent derrière les barreaux au Maroc, condamnés à des peines bien plus sévères. Pour eux, le chemin vers la liberté reste semé d’embûches judiciaires et diplomatiques. Le contraste est saisissant, et il dit beaucoup de la complexité du dossier.
Car Dakar n’est pas restée les bras croisés. Le gouvernement sénégalais a activé ses canaux diplomatiques pour tenter d’obtenir la libération de l’ensemble des détenus. Le président de la République Bassirou Diomaye Faye a personnellement adressé un courrier au Roi Mohammed VI, sollicitant une grâce royale en faveur des ressortissants sénégalais incarcérés. Une démarche rare, qui témoigne de l’engagement au plus haut niveau de l’Etat.
Mais Rabat n’a pas répondu favorablement à cette requête. Le Maroc, soucieux de l’exemplarité de sa justice et du message envoyé dans le contexte post-Can, ne semble pas disposé à accorder la grâce demandée. Les autorités marocaines ont jusqu’ici maintenu leur position, laissant les autres condamnés purger l’intégralité de leurs peines.
Cette situation met en lumière les limites de la diplomatie bilatérale face aux décisions de souveraineté judiciaire.
Si le retour de Abdoulaye Dieng, de Ibrahima Diop et de Aziz Wade constitue une victoire partielle, il ne saurait occulter la réalité de ceux qui restent. Leurs familles, elles, attendent toujours.
Le ministère sénégalais des Affaires étrangères et l’ambassade du Sénégal à Rabat suivent de près le dossier. Dans ce contexte, il est rappelé que l’accord judiciaire bilatéral liant le Sénégal et le Maroc permet, sous certaines conditions, le transfèrement des condamnés. Si Dakar en fait la demande formelle et que les autorités marocaines y consentent, les supporters encore détenus pourraient purger le reste de leur peine dans une prison sénégalaise, conformément aux dispositions de cet accord de coopération pénitentiaire.
Les incidents de la finale du 18 janvier 2025 à Rabat avaient conduit à l’arrestation de 18 supporters sénégalais, tous condamnés pour «hooliganisme» et participation à des violences. Cette libération partielle intervient alors que les familles des détenus espèrent une issue rapide pour l’ensemble du groupe.
mgaye@lequotidien.sn

Commentaires (0)
Soyez le premier à réagir.
Se connecter pour commenter