Pour permettre aux acteurs économiques de participer aux activités du secteur extractif, un cadre légal et institutionnel a été mis en place. Malgré tout, d’énormes défis restent à relever. Face à cette situation, un projet de réforme est envisagé. C’est ce qu’a annoncé hier le coordonnateur du Secrétariat technique du Comité national de suivi du contenu local (St/Cnscl). Gora Lô intervenait lors d’un panel sur «Le cadre réglementaire et les politiques de contenu local au Sénégal», lors de la première édition des «Grands débats économiques» lancés par la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Dakar (Cciad).

Par Dialigué FAYE – Faire du Contenu local un catalyseur puissant de croissance économique et de développement durable pour le Sénégal. Telle est l’ambition des autorités étatiques, via le Secrétariat technique du Comité national de suivi du contenu local (St/Cnscl). Pour cela, des réformes du cadre réglementaire du Contenu local sont en gestation, selon le coordonnateur du St/Cnscl. Gora Lô explique que la loi relative au Contenu local «est une politique qui est appelée à être améliorée au fur et à mesure». «C’est la raison pour laquelle nous sommes en train de réfléchir sur un projet de réforme où on va associer l’ensemble des acteurs pour recevoir leur avis, et pour pouvoir mieux encadrer le volet juridique et permettre aux acteurs sénégalais de profiter autant que possible du Contenu local», a fait savoir le coordonnateur du St/Cnscl. Il intervenait mardi, lors d’un panel axé sur «Le cadre réglementaire et les politiques du contenu local au Sénégal», tenu dans le cadre de la première édition des «Grands débats économiques» de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Dakar (Cciad).

Cette initiative vise à créer un espace d’échanges entre les pouvoirs publics, les industries extractives notamment, les experts et le secteur privé national. Les «Grands débats économiques» constituent des cadres périodiques d’information, de concertation et de partage sur les grandes problématiques économiques intéressant les entreprises. A travers ces rencontres, la Cciad entend contribuer, entre autres, à informer les entreprises, favoriser le dialogue public-privé, promouvoir les investissements, renforcer la compétitivité des entreprises sénégalaises.

Et d’après le président de la Cciad, «le Contenu local ne doit pas être perçu uniquement comme une contrainte réglementaire. Il constitue un levier stratégique majeur pour renforcer le tissu économique national, promouvoir l’émergence de champions nationaux, développer les Pme, encourager les partenariats, favoriser une croissance inclusive et durable». Mais pour atteindre ces objectifs, indique Abdoulaye Sow, «plusieurs défis doivent être relevés, notamment le renforcement des capacités techniques et financières des entreprises, l’accès à l’information, la conformité aux normes internationales, l’amélioration de la compétitivité, le financement des Pme».

La loi sur le Contenu local a été mise en place depuis 2019 dans le secteur des hydrocarbures, puis étendue au secteur des mines en 2022. Ce qui a permis aux acteurs de participer dans la chaîne de valeur du secteur extractif. Mais, souligne le Secrétaire général de l’Asso­ciation sénégalaise pour le développement de l’énergie en Afrique (Asdea), les entreprises d’aval pétrolier restent le parent pauvre du Contenu local au Sénégal. «Ces entreprises étaient là avant les découvertes pétrolières et gazières, et étaient bien organisées. C’est un secteur très bien organisé qui a été révolutionné depuis 1998. Aujourd’hui, elles doivent être renforcées», plaide Sékou Fanta Mady Diaité.

A ce propos, Gora Lô rassure que l’aval pétrolier va être pris en compte dans la nouvelle réforme envisagée, en prévoyant les activités. «Lorsqu’on avait légiféré sur le Contenu local, on avait cerné juste sur le secteur amont. C’était voulu parce que l’aval était un secteur qui était déjà maîtrisé», précise le coordonnateur du St/Cnscl.

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