La Commission de régulation du secteur de l’énergie (Crse) a achevé, hier à Guédiawaye, sa campagne nationale de communication et de sensibilisation destinée à faire connaître ses nouvelles missions aux populations. Cette étape a également permis de dresser le bilan des réformes engagées dans le secteur de l’énergie avec l’appui du Millennium challenge account (Mca)-Sénégal. Le président de la Crse, Ibrahima Niane, et le Directeur général du Mca-Sénégal, Omar Diop, ont insisté sur les avancées institutionnelles enregistrées, les investissements consentis et les perspectives ouvertes pour une gouvernance plus efficace au bénéfice des consommateurs.
Abdou Latif Mohamed MANSARAY – A Guédiawaye, la Commission de régulation du secteur de l’énergie (Crse) a bouclé sa campagne nationale de communication après plusieurs mois de sensibilisation à travers le pays. Pour son président, Ibrahima Niane, cette initiative répond à une exigence majeure du Plan stratégique 2025-2029 de l’institution : rapprocher le régulateur des citoyens et faire connaître les nouveaux droits des consommateurs de l’énergie. Il a rappelé que la Crse ne se limite plus à la régulation du secteur de l’électricité. La réforme lui confère désormais des compétences élargies couvrant également le secteur aval des hydrocarbures, ainsi que les segments intermédiaire et aval de la filière gazière. «Les populations doivent savoir quel est notre rôle, quelles sont nos compétences et surtout comment elles peuvent saisir la Crse lorsqu’elles rencontrent un problème avec un opérateur», a-t-il expliqué.
Lancée en mars dernier par un forum national réunissant les acteurs du secteur de l’énergie, cette campagne a conduit les équipes de la Crse dans neuf régions du Sénégal. Ateliers avec les autorités administratives et territoriales, échanges avec les associations de consommateurs, caravanes de proximité dans les marchés, écoles et gares routières : autant d’activités destinées à vulgariser les missions du régulateur. Selon Ibrahima Niane, les premiers résultats sont encourageants. Les populations connaissent désormais davantage la commission et identifient les procédures permettant de déposer des plaintes ou des réclamations. Les rencontres ont également fait émerger une forte demande d’implantation de représentations régionales de la Crse. Si cette option ne peut être concrétisée à court terme, le président de l’institution assure qu’elle figure désormais parmi les perspectives de développement de la commission.
Partenaire majeur de cette réforme, le Millennium challenge account (Mca)-Sénégal accompagne depuis 2020 la modernisation du secteur énergétique. Son Directeur général, Omar Diop, a indiqué que près de 25 milliards de francs Cfa sont consacrés aux réformes institutionnelles prévues dans le cadre du Compact électricité. Ces ressources servent à renforcer la gouvernance du ministère de l’Energie, à accompagner la Senelec dans son rôle d’opérateur national et à consolider les capacités de la Crse afin qu’elle exerce pleinement ses nouvelles attributions. «Les réformes ne concernent pas uniquement les textes. Elles doivent être comprises et appropriées par les citoyens. C’est tout le sens de cette campagne de sensibilisation menée avec la Crse», a souligné Omar Diop.
Il rappelle que le programme a déjà permis de réviser le Code de l’électricité, de moderniser la loi portant création du régulateur et d’adopter plusieurs décrets destinés à améliorer durablement la gouvernance du secteur. Le Directeur général du Mca-Sénégal a également annoncé que le Compact, initialement prévu pour s’achever en septembre 2026, bénéficiera d’une extension exceptionnelle de six mois, accordée par le gouvernement américain à la demande de l’Etat du Sénégal. Les activités opérationnelles se poursuivront ainsi jusqu’en mars 2027, avant une période de clôture administrative de 120 jours, portant la fin officielle du programme au 7 juillet 2027. Cette prolongation est accompagnée d’un financement additionnel de 15, 9 millions de dollars, destiné à garantir l’exécution intégrale des engagements pris entre les gouvernements sénégalais et américain dans le cadre de l’accord signé en 2018.
Concernant la contribution de l’Etat du Sénégal, Omar Diop a précisé qu’il ne reste plus que 3, 5 milliards de francs Cfa à mobiliser pour atteindre la totalité de la contrepartie nationale fixée à 7, 83% du financement global. Pour les deux responsables, ces réformes constituent un levier essentiel pour bâtir un secteur énergétique plus transparent, plus performant et davantage tourné vers la protection des consommateurs, en cohérence avec les ambitions de l’Agenda Sénégal 2050.
latifmansaray@lequotidien.sn

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